Saga Lady Yakuza / La Pivoine Rouge (1968 - 1972)

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Teurk le Sicaire
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Re: Saga Lady Yakuza / La Pivoine Rouge

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Lady Yakuza - Chronique des joueurs

Un 5ème opus qui confirme la fibre sociale de la saga Lady Yakuza en s'intéressant aux révoltes de métayers d'indigotiers face aux grossistes/propriétaires terriens. Le film se sert de ce cadre contestataire pour mettre en conflits diverses factions yakuzas aux liens d'alliance et d'opposition complexes. L'enjeu est encore une fois de privilégier un supposé code d'honneur respectueux des traditions et du petit peuple face aux tentations d'acoquinement mafieux avec les puissants.

Oryu se retrouve bien évidement prise à partie dans ces différends, tout en devant une nouvelle fois faire face aux injonctions de normalisation féminine, jusqu'à devoir abandonner temporairement son statut de yakuza. Une problématique qui fait écho aux tiraillements d'autres personnages ayant quitté le milieu et luttant contre eux-mêmes pour ne pas y retourner. Tout ceci entraine moult dilemmes moraux à la résolution insoluble, et tragédies humaines assez touchantes (le lien entre ce yakuza errant et la fillette de l'homme qu'il a tué).

J'ai beaucoup aimé cette Chronique des joueurs, d'une durée supérieure qui lui permet de complexifier les personnages, les groupes et leurs relations. Les méthodes d'étouffement de la révolte populaire par les yakuzas sont vraiment salopardes. Les scènes de jeu avec les cartes hafuda sont très chouettes, la mise en scène appuyant le fétichisme du rituel (bon, on ne comprend toujours rien aux règles des paris). Et superbe tenue de Oryu pour le carnage final.
Modifié en dernier par Teurk le Sicaire le dim. nov. 09, 2025 12:49 pm, modifié 1 fois.
savoy1
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Re: Saga Lady Yakuza / La Pivoine Rouge

Message par savoy1 »

Alors que La Pivoine rouge était annoncée sur Allociné pour une ressortie salle cette semaine du 05 novembre 2025, c'est en fait l'intégralité de la série Lady Yakusa qui est proposée au Reflet Médicis, Paris 5ème. Ceci après une présentation au dernier Étrange Festival de septembre. On peut penser que seul le premier chapitre figure dans le calendrier Allociné parce que, sauf erreur, seul celui-ci a déjà connu une sortie sur grand écran...
Ici, le cycle nous est présenté en deux parties. Cette semaine du 05 novembre donc, on peut voir les quatre premières aventures de notre héroïne : La Pivoine rouge, La règle du jeu, Le jeu des fleurs et L'héritière. Les quatre derniers chapitres sont annoncés pour la semaine prochaine du 12.

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Du coup, merci au passage à Teurk le Sicaire pour ces reviews plus que jamais d'actualité.
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Teurk le Sicaire
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Re: Saga Lady Yakuza / La Pivoine Rouge

Message par Teurk le Sicaire »

savoy1 a écrit : sam. nov. 08, 2025 2:01 pmDu coup, merci au passage à Teurk le Sicaire pour ces reviews plus que jamais d'actualité.
Merci. J'avance lentement dans la saga car les films étant assez similaires dans leur construction, je préfère les espacer.
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Teurk le Sicaire
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Re: Saga Lady Yakuza / La Pivoine Rouge (1968 - 1972)

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Le Retour d'Oryu

Un 6ème opus qui fait suite direct au 2ème, Oryu partant à la recherche de l'enfant aveugle qu'elle y avait sauvée. Une construction du récit un peu différente du canevas habituel, se situant à Tokyo (même si la foule et l'animation se font rapidement oubliées) dans le milieu moins prolétaire du théâtre. Le contraste entre gentils et méchants yakuzas persiste mais il cherche moins la subtilité des manœuvres au profit d'un rendu plus opportuniste et rentre-dedans du clan qui tente de faire main basse sur le milieu de l'art.

Le scénario est également plus bordélique, ça part dans tous les sens entre la quête simili-maternelle d'Oryu, une adoption pour un mariage impossible, des mutilations, une sœur bafouée, des jalousies d'actrice, une unique partie de dés (avec une belle tricherie), des vengeances et une guerre sanglante de yakuzas. Il faut s'accrocher pour suivre, surtout quand on ne se souvient plus trop des enjeux du précédent film.

Mais la réalisation particulièrement chiadée avec ses jolis cadrages et sa mise en scène esthétique (promenade sur un pont de bois sous la neige, assassinat en gang sous la pluie), rattrape le tout, jusque dans un acte final sanglant et sauvage qui évoquerait presque le carnage des Crazy 88. À noter une scène de viol (suggéré mais audible), inhabituelle pour cette série plutôt chaste, qui renforce le côté plus violent de cet opus.

Au casting, Junko Fuji est constante de maitrise de son personnage. En face, Bunta Sugawara chie la classe comme toujours (on comprend la tension sexuelle qui irrigue sa relation à l'héroïne), Toru Abe a une bonne face épaisse de salopard et Tomisaburo Wakayama conserve son rôle de bouffon rougeaud dont on se demande bien comment il est également parvenu à incarner avec maestria Ogami Itto.
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Teurk le Sicaire
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Re: Saga Lady Yakuza / La Pivoine Rouge (1968 - 1972)

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Lady Yaukza : Prépare-toi à mourir

Avant-dernier film de la saga Lady Yakuza, Prépare toi à mourir plonge encore plus loin dans le drame social : ici, des paysans crèvent de la pollution d'une usine d'affinage de plomb installée sur leur territoire. Ambiance "les hommes se pendent ou ils vendent leurs filles" ! Leurs manifestations sont violemment réprimées par la direction, soutenue par les autorités militaires impériales (le lobby militaro-industriel de l'époque). Et si un clan yakuza se tient du côté des opprimés (à sa tête le ninkyo-romantique Koji Tsuruta), d'autres préfèrent effectuer les basses oeuvres des puissants dans leur propre intérêt mafieux.

C'est comme souvent au hasard de ses rencontres que Oryu se retrouve mêlée à cette situation, et si pour une fois elle ne prend qu'une faible part dans la défense des opprimés, c'est déjà trop pour les caïds locaux qui chercheront éliminer cette gêneuse. Le film va vraiment jusqu'au bout de la noirceur des destinées (et ce, des deux côtés des belligérants) et de la violence sociale subie par la population malmenée. Seule légèreté, la rencontre ubuesque d'Oryu avec un ministre des Armées égrillard en pagne qui finit propulsé tête la première dans une cloison (mais comme ils viennent tous deux de l'île de Kyushu, le sens du chauvinisme régional l'emporte).

Cette tentative de résolution politique n'empêchera pas une tuerie finale en pleine cérémonie funéraire, dans une mêlée confuse qui renforce le côté violent de la chose. Junko Fuji est plus alors plus iconique que jamais, ses longs cheveux détachés. Un des meilleurs épisodes de La Pivoine Rouge, selon moi, bien qu'il délaisse le folklore yakuza au profit du drame social (les 2 piliers de la série). La mise en scène de Tai Kato est intéressante, avec un attrait pour les visages et les corps en bord de cadre ou partiellement masqués par des objets. Très chouette générique défilant sur une scène de pari aux cartes.
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