Vera Cruz - 1954 - Robert Aldrich

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cinetudes
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Vera Cruz - 1954 - Robert Aldrich

Message par cinetudes » jeu. oct. 21, 2004 7:07 pm

Salut,

je viens vous signaler la mise en ligne d'un texte d'étude par William Lee sur le thème de l'adversaire/miroir et de l'ambivalence des personnages chez Aldrich a travers son western le plus cynique et à mes yeux le plus réussi: Vera Cruz ainsi que d'autres de ses oeuvres.

Pour tous ceux que ça interesse William Lee est la pour discuter de tout ça sur le forum du site.

Stefan
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tawhek
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Message par tawhek » dim. janv. 02, 2005 1:45 pm

le film est ressorti cette semaine en copie neuve:

pour les parigots à l'action christine

pour les toulousains à l'utopia
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BeAsT
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Message par BeAsT » jeu. févr. 03, 2005 3:18 am

Aaaah Vera Cruz, un gros souvenir d'ado pour moi, merci de lever le "voile" là-dessus :wink:

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Manolito
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Re: Etude sur Vera Cruz !

Message par Manolito » dim. avr. 03, 2011 10:09 am

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Le bluray US de ce bon western de Robert Aldrich arrive en juin !

bluesoul
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Vera Cruz (1954) - Robert Aldrich

Message par bluesoul » mar. avr. 02, 2019 5:01 pm

Au Mexique, après la guerre de Sécession, deux aventuriers s'associent pour louer leurs services à Maximilien face aux rebelles de Juares. Découvrant que le travail de gardes du corps pour lequel ils ont été engagé et devant les emmener jusqu'a Vera Cruz n'est qu'un pretexte, ils décident de changer leurs plans...
Re-visionnage apres bien...une trentain d'annees de ce classique ('54, quand meme) du western et toujours aussi conquis (meme si mes souvenirs du films lui-meme etaient...plus que flous... :oops: ).

Interessant de voir que meme si le film jouent avec certains des codes de l'epoque (i.e. chapeau et tenue sombres = bad guy / gars "moralement douteux", chapeau et tenue clairs = good guy / gars "moralement propre"), le film en lui-meme prefigure pourtant deja et de par bien des egards...le western spaghetti(!) :shock:

On a d'abord un cadre mexicain (i.e. revolution mexicaine et peones de mauvaise humeur), tentative de viol et femme qui se prend des pains :shock: de la part d'un des tenants de l'affiche(!) en plus, avarice, agressivite, violence (semi-)gratuite, alliances mal-aisees, equipe qui reve de se trahir les un les autres (pour ne pas dire de se tirer dans le dos les uns les autres). Pas mal pour '54(!) :shock: et pas mal pour un double Gary Cooper / Burth Lancaster.

Cote casting, si Cooper porte un chapeau blanc, il reste un (ancien) soldat sudiste, (ex-)proprietaire de plantation, bref; la redemption du personnage reste "legere" malgre ses gouts vestimentaires.

Aldrich est sans doute pour beaucoup dans le cote non pas picaresque, mais franchement sombre par moment du metrage. L'on est donc TRES loins de The Magnificient Seven (1960), que plutot dans l'ascendance cinematographique US de westerns tels The Professionals (1966) ou The Wild Bunch (1969) dont
Spoiler : :
VC annonce en gros le final(!) , mitraillette incluse :shock:
--toute proportion gardee neanmoins pour la violence. Ca marque neanmoins pour l'epoque et le contexte.

Au passage, l'alliance Lancaster/Cooper fait un peu penser a The Outcasts TV (1968), car meme si Lancaster en "noir" de fringues et pas de peau, Cooper reste le sudiste qu'il a toujours ete et son alliance avec Lancaster reste TRES mal-aisee.

Les production values sont plus que solides: des figurants, des exterieurs mexicains, un grand sens du spectacle pour ce qui aurait pu n'etre qu'une simple "serie B".

Le tout resulte en un film solide, passablement amoral et tendu. Bref, que du bonheur!

Vera Cruz: 4.5 / 5 (moins un "western" qu'un "film de mercenaires", voire un "film noir" situe dans l'Ouest)
En direct du Japon. Bonsoir. A vous, Cognac-Jay.

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hitcher
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Re: Vera Cruz (1954) - Robert Aldrich

Message par hitcher » jeu. avr. 04, 2019 12:39 pm

bluesoul a écrit :
mar. avr. 02, 2019 5:01 pm
Interessant de voir que meme si le film jouent avec certains des codes de l'epoque (i.e. chapeau et tenue sombres = bad guy / gars "moralement douteux", chapeau et tenue clairs = good guy / gars "moralement propre"), le film en lui-meme prefigure pourtant deja et de par bien des egards...le western spaghetti(!) :shock:
C'est exactement ça. :-D
On a bien ici les prémices du western avec anti-héros (avec 10 ans d'avance sur Leone!).
Fini les héros immaculés, sauveurs de la veuve et de l'orphelin, et place à la noirceur et les mauvais sentiments.
Vera Cruz est un de mes western préférés pour cette raison. 8))
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Algor
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Re: Vera Cruz (1954) - Robert Aldrich

Message par Algor » dim. mai 19, 2019 1:47 pm

J'abonde dans le même sens que Hitcher.
Un film bien en avance sur ce qui ce qui allait arriver sur les écrans dans les années 60 en Europe. Paraîtrait même, qu'il aurait subi quelques coupes avant sa diffusion en Angleterre.
En tous cas l'acteur/co-producteur Lancaster s'amusait de toutes ses dents. Et Cooper était un genre de "Colonel Mortimer" bien avant Van Cleef.
Même le principal personnage féminin est aussi tordue que les mâles dans ce film.

Et dire que Aldrich croisera Leone en 1961-62 pour une histoire biblique. Ça n'a pas été la parfaite harmonie, d'après ce qui a été écrit sur ce tournage de Sodome et Gomorrhe. M'enfin, c'est une autre histoire! :roll:

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Manolito
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Re: Vera Cruz - 1954 - Robert Aldrich

Message par Manolito » sam. oct. 19, 2019 12:49 pm

Benjamin Trane, un officier ayant combattu chez les sudistes durant la guerre de sécession, se rend au Mexique pour vendre ses talents au plus offrant. Il s'associe à Joe Erin, un bandit sans foi ni loi...

Après "Bronco Apache", Aldrich s'associe de nouveau avec les productions Hecht/Lancaster et United Artists, pour un western. Il y a ici nettement plus de moyens, le film est tourné entièrement au Mexique, et a en vedette une Star de très grande envergure avec Gary Cooper.

Au début des années 50, le western hollywoodien brise son moule et change de ton avec les "sur-westerns" à ambition intellectuelle comme "Le train sifflera trois fois" ou "3H10 pour Yuma", des oeuvres à charge politique pro-indienne explicites comme "La flèche brisée" ou "Bronco Apache", Anthony Mann apporte des touches dures issues du Film Noir dans "Winchester 73" ou "L'appât"... Certes, ces changements de ton étaient déjà en germe dans des films plus anciens (comme "L'étrange incident" de 1942 en particulier), mais le début des fifties marque un tournant.

Avec "Vera Cruz", Aldrich et ses producteurs osent aussi prendre une direction plus inattendue, avec en particulier des personnages à l'ambiguité morale très forte, des gentils qui sont loin d'être des innocents, des méchants qui sont loin d'être antipathiques. Les héros sont des anti-héros, des mercenaires sans scrupule venus profiter de la révolution mexicaine d'alors pour se remplir les poches. Lorsqu'ils découvrent qu'un trésor de guerre traverse le pays, leur cynisme et leur avidité ne s'en verront que plus aiguisés !

Comme cela a souvent été évoqué, difficile de voir ce film sans penser qu'il a été une influence évidente pour Leone, en particulier pour ses westerns d'aventures épiques comme "Le bon, la brute et le truand" et "Il était une fois la révolution". Le style Aldrich arrive ici à maturité, avec ses cadrages variés, la fluidité et la virtuosité du montage. Son goût pour les fortes gueules aussi, les héros de caractère, avec un Gary Cooper à l'aristocratie vieillissante, un Lancaster à l'hilarité inquiétante, mais aussi des seconds rôles de poids comme Jack Elam, Charles Bronson ou Ernest Borgnine. La violence de la situation et du ton, de l'action aussi, montent d'un cran dans ce métrage, avec des plans chocs, des scènes d'action brutale (comme l'usage de la mitrailleuse Gatling) et du sadisme. Comme d'autres réalisateurs de sa génération (Don Siegel ou Samuel Fuller), il pave la voie vers les explosions gore de Peckinpah. Le tout n'est pas dénué de pointes de misogynie, ce qui sera là aussi un certain trait du cinéma d'Aldrich !

"Vera Cruz" sera un succès public et lance pour de bon la carrière, assez chaotique, de Robert Aldrich.

Revu sur le bluray français MGM/Fox, copie 2.00 HD de qualité très correcte, ce n'est pas une restauration haut de gamme, mais on est quand même devant du travail solide, au rendu tout à fait cinéma et haute définition. Piste anglaise Mono dts master, STF et VF.

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