Le brio – Yvan Attal – 2017

Modérateurs : Karen, savoy1, DeVilDead Team, Karen, savoy1, DeVilDead Team, Karen, savoy1, DeVilDead Team, Karen, savoy1, DeVilDead Team, Karen, savoy1, DeVilDead Team, Karen, savoy1, DeVilDead Team

Répondre
Avatar de l’utilisateur
leWalrus
Messages : 1565
Inscription : ven. avr. 30, 2004 11:36 am
Localisation : Besançon

Le brio – Yvan Attal – 2017

Message par leWalrus » ven. avr. 10, 2020 5:17 pm

Neïla arrive en retard à son premier cours dans la prestigieuse université de Paris 2. Elle est alors interpellée par le professeur, un certain Mazard, qui en profite pour faire des allusions racistes…

Alors par où commencer ? On est dans l’archétype du film français qui ne veut pas être une comédie mais qui en devient une plus ou moins volontairement tout en cherchant à faire dans le pathos sans que cela fonctionne. Ce que j’écris ne veut rien dire ? Oui, tout comme ce film qui n’a finalement rien à raconter.

Donc, on a une jeune femme brillante issue de la diversité qui va préparer un concours d’éloquence avec un professeur aigri, sans doute alcoolique et plus ou moins raciste.

Le prof est interprété par un Daniel Auteuil en pleine possession de ses moyens au verbe qui tranche. Son personnage fonctionne plutôt bien même si ne sera que très peu développé - malheureusement.

La jeune Neïla prend les trait de Camélia Jordana (chanteuse à la base) qui s’en sort assez bien. Sa prestation lui a valu le César du meilleur espoir féminin.

Le souci c’est que les deux acteurs ne collent pas ensemble. On arrive pas à y croire d’autant que le message véhiculé est facile à tordre pour lui faire dire tout et n’importe quoi.

D’accord, on comprend qu’avoir des préjugés racistes c’est mal. Mais, on peut aussi penser que le film use de ce préjugé en sous-entendant que la jeune femme n’avait pas les capacités de réussir seule. Le film pose donc cette morale bien pensante pour évacuer cette ambiguïté : c’est son milieu social qui l’empêche de réussir.

Son milieu social c’est quoi vous allez me dire ? Hé bien pour Yvan Attal, c’est une bande de potes qui sortent avec des hoodies à 21h devant leur immeuble, qui jouent au jeu du loup garou, qui passent le permis et qui mange du couscous avec leur grand-mère. Super… c’est un peu comme si le film La Haine n’avait jamais existé.

La culture des grandes lettres écrase finalement celle de la rue pourtant plus authentique. Yvan Attal y a aussi pensé, mais son film rate ce tournant et prend le parti de ridiculiser ceux qui viennent de la rue dans son final (qui est peut-être, paradoxalement, la meilleure scène du film en plus).

Ce film ne repose donc sur aucun projet clair et on finit par regarder cela d’un œil distrait comme n’importe quelle comédie dramatique française de plus.

Je suis assez déçu pour tout dire, car le sujet m’intéressait beaucoup et j’attendais une confrontation entre l’éloquence de la rue et celle des beaux amphi des facs de lettres…

Je retiens quand même la dernière scène et les cours de Schopenhauer assez bien expliqués.

Répondre