La tête contre les murs - 1958 - Georges Franju

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Manolito
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La tête contre les murs - 1958 - Georges Franju

Message par Manolito » dim. avr. 12, 2020 6:32 pm

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François Gérane, jeune homme instable, se dispute violemment avec son père, un avocat. Ce dernier le fait interner dans la clinique psychiatrique du docteur Varmont...

Après toute une série de courts-métrages, notamment documentaires, Franju tourne son premier long avec "La tête contre les murs", mettant en vedette un jeune Jean-Pierre Mocky qui en écrit le scénario d'après un roman de Hervé Bazin. Le générique rassemble toute une partie de l'équipe qui deux ans plus tard accompagne Franju dans la création de "Les yeux sans visage", tel Edith Scob, Pierre Brasseur, ou le compositeur Maurice Jarre.

"La tête contre les murs" est un film à charge contre la psychiatrie, ou plutôt une certaine psychiatrie, celle incarnée par le docteur Varmont (Pierre Brasseur), à la lisière de la médecine et de la justice expéditive. Le praticien considère que sa mission première est de protéger la société contre les dangers que représentent les malades mentaux présumés, et ensuite, éventuellement, de les soigner. L'asile devient une prison qui ne dit pas son nom, un mouroir où les plus fragiles tournent en rond dans leur angoisse (tel le personnage de désespéré joué par Charles Aznavour), ou les innocents placés là pour des raisons péri-médicales, comme François, deviennent vraiment malades, où les rebelles sont envoyés croupir dans des mitards tels des détenus de droit commun...

Réalisateur qui n'a pas peur de tourner sa caméra vers là où ça fait mal, tel les abattoirs de "Le sang des bêtes", Georges Franju parvient à dégager une poésie funeste et réaliste de son hôpital psychiatrique, sans pour autant amoindrir la charge sociale et l'indignation libertaire de son propos. Il y a des choses qui ont un peu vieilli, bien sûr, la présence du "bon médecin" joué par Paul Meurisse est un peu artificielle, quelques dialogues peu naturels.

Mais "La tête contre les murs" reste un film fort, vraiment singulier dans le cinéma français, par son sujet, par son propos, et aussi par sa forme qui porte certainement la signature crue et insolite de son réalisateur.

Vu sur Mycanal, replay de ciné+.

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