Le poirier sauvage - 2018 - Nuri Bilge Ceylan

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Manolito
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Le poirier sauvage - 2018 - Nuri Bilge Ceylan

Message par Manolito » mar. avr. 28, 2020 3:26 pm

Titre Turc : Ahlat Agaci

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Sinan, un jeune étudiant turc qui se prépare à devenir instituteur, rentre dans sa famille qui habite une petite ville rurale de l'ouest turc. Il souhaite éditer un livre, mais ne parvient pas à faire aboutir son projet. Sa famille est plongée dans le chaos par son père, homme fantasque souffrant d'une addiction aux jeux d'argent.

Révélé en France par "Uzak" de 2002, le réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan finit par devenir une figure renommée du cinéma d'auteurs européen, avec couronnement par une Palme d'Or pour "Winter Sleep" en 2014, accompagné d'un succès public français non négligeable pour un tel film de 3 heures.

Il revient quatre ans plus tard avec "Le poirier sauvage", à nouveau un film de 3 bonnes heures, relatant les déconvenues d'un jeune homme solitaire dans la Turquie d'aujourd'hui. Il se heurte à des portes fermées que ce soit devant lui, pour faire aboutir ses projets, ou derrière lui, avec son père ruiné et joueur qui s'enfonce dans des lubies farfelues.

Déçu par ce monde rural qu'il aime pourtant sincèrement, Sinan comprend qu'il n'y a pas sa place ; mais ses rêves d'écrivains tombant lentement à l'eau, va-t-il se résoudre à servir dans la police ou l'armée, deux recruteurs toujours prêts à embaucher dans une Turquie aux frontières orientales enflammées par la guerre ?

Avec Nuri Bilge Ceylan, l'amateur de cinéma d'auteur classique n'est pas perdu : beaucoup de Bergman, pas mal d'Antonioni, un peu de Tarkovski... L'homme assemble bien ses métrages, avec une très belle photo, une mlse en scène et un emploi du cinémascope magnifiques. Mais il n'offre pas un cinéma d'auteur très original et innovant. Il n'évite pas toujours les clichés du genre (un homme marche seul dans la nature avec du Bach en musique de fond). "Le poirier sauvage" souffre aussi d'une structure un peu hésitante, sous la forme d'une suite de rencontres donnant lieu parfois à des dialogues interminables, parfois redondants (la rencontre avec l'écrivain commercial), parfois confus et là aussi cliché et prétentieux (avec les deux imams).

Si "Winter Sleep" et "Il était une fois en Anatolie" avaient une structure solide, supportant bien la durée de 3 heures, "Le poirier sauvage" donne une impression plus complaisante et bancale. Il y a des beaux moments, des belles scènes, une belle fin qui clôt bien son histoire. Mais là, contrairement aux deux films déjà cités, on sent quand même passer le temps ! Cela dit, pour les spectateurs patients, "Le poirier sauvage" est une oeuvre intéressante, avec des personnages bien dessinés, le portrait d'un jeune homme en colère dans un monde tenus par des adultes ayant bien peu à lui apporter.

Vu sur Mycanal/ciné+.

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