Connu aussi sous le titre The Day after Halloween, ce thriller rare de Simon "Harlequin" Wincer est disponible au format original 2.35:1 sur le dvd Us (non zoné) de chez Scorpion. Et la chronique du dvd est sur le site:
J'ai tellement apprécié Thirst que j'ai voulu tenter cet autre film du même producteur et avec la même actrice (même si on la voit beaucoup moins puisqu'elle y a un rôle secondaire).
Je savais bien qu'on n'était pas du tout dans le même genre d'histoire, mais en dehors de ça je me suis bien ennuyé.
L'ingénue qui découvre le monde sans pitié de la mode, ça va en effet bien 5 minutes, et l'ensemble est vraiment trop soft.
Reste des acteurs du premier Mad Max dans des prestations complètement à l'opposé : Hugh Keays-Byrne / Toecutter en photographe barré, et Vincent Gil / le Nightrider en ex éconduit (je ne l'avais même pas reconnu).
Quant à Chantal Contouri, elle est vraiment au-dessus des autres à chaque apparition avec son personnage ambigu ; mais ce n'est malheureusement pas suffisant.
revisitation 16 ans après sur le splendide UHD 4K de chez Picturehouse/Indicator. J'ai choisi la version cinema, je reverrai la version "plus longue", seulement en Blu ray ici, plus tard. A noter qu'il s'agit de la meme que celle présente sur le DVD US de chez Scorpion, dont je parlais dans ma chronique de l'époque, avec les différences notoires.
l'image est renversante (le rapport au DVD Us : phenomenal), le travail du directeur photo éclaté vraiment sur l'écran, l'exemple le plus criante étant le choix des couleurs (les rouges puissants vs les verts contrastants), la première scene énigmatique avec les pompiers et leur materiel de plongee navigant dans des faisceaux de lumière dans une piece enfumée. Magnifiques details, un eorem plaisir pour l'oeil.
Le film n'est pas un thriller a proprement parler, encore moins un slasher - meme s'il a été vendu comme tel, pas étonnant que les amateurs de films de genre ne le considèrent que peu, voire pas du tout.
Il en a quelques attraits, dont les 10 dernières minutes, mais l'intérêt est vraiment ailleurs. beaucoup plus sur un portrait de jeune femme qui s'émancipe, le tout dans un terreau urbain du Melbourne de 1978. Qui donne d'ailleurs un assez bon "snapshot" de la vie locale a l'époque.
ce qui représente une nouveauté, en y repensant, l'Australie étant beaucoup plus preocuppee par filmer le milieu naturel local (Walkabout ou encore Long Weekend, parmi beaucoup).
Sigrid Thornton/Angela est fraiche, naturelle, et apporte une belle evolution de personnage a travers sa trajectoire de jeune femme qui : quitte son job, quitte le foyer familial, quitte son petit ami, et souhaite quitter le pays. Le milieu de la mode, comme il est revele dans les bonus, était un trait obligatoire eu égard au titre choisi et prevendu, et ceci a justement intéressé Wincer. La notion d'oeil, d'artiste, d'exigence.
Ce n'est pas tant ce monde de la mode qui est frelate, c'est que tout le monde autour de l'heroine veut profiter d'elle. De l'argent qu'elle gagne, de sa nudité, de sa personne, du magnetisme qu'elle dégage. Un éveil féministe dans un cinema et un temps alors peu amène - sauf pour l'exploitation sexuelle et le cinema d'exploitation - Ginnane avait produit Fantasm en 1976, justement sur les fantasmes sexuels féminins. Virage a 180 degrés ici, tout comme la vision du désir et sa mise a l'image.
Wincer donne dans une ambiance hitchockienne, parfaite pour le look introspectif de la vie d'Angela - et le fait d'être objectifiee pour tous qui l'entourent. J'ai mieux apprécié le film cette fois, car moins destabilise par le fait que je sache que cela n'est pas un slasher ou un film d'exploitation, mais plus sur une croisée de genres drame/thriller/horreur (pour deux scènes) qui tient surtout par le fait qu'il construise son propre concept, plutôt que de répliquer ad nauseam un schema attendu.
Infos interessantes dans les bonus:
. le film a coute 300 000 $ (soit la meme chose que Patrick).
. Ecrit en 4 jours par Everett de Roche et sa femme a la demande du producteur,
. tourne en 20 jours (selon Wincer), qui offre une belle idee des conditions de tournages rapides, de la notion d'équipe et de son heritage télévisuel qui justement l'avait habitue a des tournages extrêmement rapides et dans les temps. Il n'est pas spécialement fier du film, mais qu'il ne renie pas pour autant.
. a été un échec en Australie, mais s'est tres bien vendu a l'étranger, surtout suite au succès US avec son retitrage the Day After Halloween.
.Ginnane indique justement qu'a l'époque, la distribution ne se faisait pas massivement sur un week end, mais sur plusieurs mois et sur plusieurs états US, donc le fait que le film ne soit pas relate a halloween a finalement peu impacté la carrière du film. Il parle aussi du Fait que Snapshot a été parmi les 50 plus grands succès de l'exploitation... en Norvège.
le segment avec le journaliste, vu en tout dernier, est un moment de n'importe quoi, sauf dans la mise en perspective du film a son époque. il contredit directement les informations données par les intervenants du film, donne des informations parfois fantaisistes. On peut passer.
Oh really? Well then I'm sure you wouldn't mind giving us a detailed account of exactly how you concocted this miracle glue, would you ?