
Her Vengeance est annoncé comme un film plutôt sérieux dans la carrière azimuthée de Lam Nai-choi (l'homme aux nombreux patronymes) et il est vrai que nous avons ici affaire à un rape and revenge plutôt classique dans sa construction : Ying est violée par un groupe de malfrats qui s'avère également avoir causé la mort de son père et laissé son oncle estropié. Affligée d'une gonorrhée présentée comme fatale (le médecin ne semble pas proposer de traitement antibio), elle n'est désormais animée que par un désir de vengeance qui se heurte à son absence de compétence en assassinat.
Le traitement se veut plutôt dramatique, Yin se voyant critiquer ses actions homicidaires laborieuses par ses proches. L'ambiance globale est sombre, les méchants en font certes des caisses mais on les voit réaliser un braquage meurtrier ou bosser dans l'exploitation de jeunes femmes pour l'industrie porno. Et le coût en vies humaines s'avère au final élevé des deux côtés.
Mais si Lam Nai-choi montre dans Her Vengeance sa capacité à réaliser de manière plus conventionnelle, il ne peut empêcher l'irruption de son goût profond pour l'inattendu ; c'est ainsi que l'oncle de Yin, incarné par Lam Ching-ying, pratique un kung-fu en chaise roulante des plus étonnants, dont le wtf culmine dans la scène finale de guérilla du cabaret, proprement hallucinante par les méthodes employées et la folie jusqu'auboutiste des personnages. Et sans que cela desserve ensuite le ton mélancolique du film ! Chapeau l'artiste.
En bonus du BR du Chat qui fume, Fathi Beddiar revient longuement sur la carrière de Lam Ching-ying, de la Shaw Brothers à Bruce Lee, de Sammo Hung à Mr Vampire, et sa mort prématurée à 44 ans d'un cancer du foie. Présente également, une version cat IIb du film, un peu plus longue mais moins rougeaude.