
Apres l'énorme succès du film de Fritz Lang, Artur Brauner enchaîne avec une suite. Apres une nième engueulade avec Lang qui retourne aux USA, il embauche Harald Reinl et Marc Behm au scenario (futur auteur de Charade) d'écrire une histoire originale.
On est bien loin de l'univers paranoïaque de Lang et sa prescience sur la surveillance du futur. Ca reste toutefois agréable a suivre. Le film tend a preceder l'univers de James Bond avec ses lavages de cerveau, de méchant visant a dominer le monde, de drogues révolutionnaires, de zombies téléguidés, de société infiltrée. Ici, Mabuse ne voit plus par television interposées, mais il entend et communique par voie de micros caches et autres gadgets dans les oreilles de ses victimes.
Le film est assez violent pour 1961. On y voit une femme brûlée vive au lance flammes, homme se jetant d'un immeuble est s'écrasant sur le pavé, tentative d meurtre en écrasant une tete sur une voie ferrée... on sent quelque peu l'influence des Krimi de la Continental qui avaient aussi un énorme succès.
A noter que le debut du film se solde par un homme balance hors d'un train dont on retrouve le cadavre... identique au debut de Charade, que Marc Behm écria deux ans après!
Une intrigue rocambolesque , aux multiples tours et detours, en se demandant qui est vraiment victime ou complice de l'evéntuel Mabuse.
Reinl se débrouille plutôt bien pour tenir un rythme rapide (89mn au compteur), avec des plans qui rappellent quelque peu Alfred Vohrer, une camera mobile, notamment dans les poursuites en voitures (en reel) et les scenes d'action comme l'assaut du site nucléaire. On passera sur les bagarres mal réglées et les a peu près scenaristiques, on se situe plus dans une sorte de bande dessinée qu'un film noir, nuisette transparente a l'appui. Bien moins soigne que le Lang et moins menaçant, il n'en reste pas moins un agréable divertissement tordu.
Reinl embauchera Lex Barker pour la 2e suite, mais surtout pour le rôle d'Old Shatterhand dans la serie des Winnetou et ses avatars. Il ne quittera pratiquement plus les plateaux allemands, étant une veritable star. Dalhia Lavi y joue les jolies utilités, comme toutes les heroines des Mabuse, et Werner Peters revient (mais dans un autre role que le 1)
Vu sur le Blu ray de chez Eureka, dans le coffret Mabuse. J'ai trouve la copie en meilleur état que le Lang, un noir et blanc qui rend plutôt bien les contrastes. Piste allemande avec sta tres clairet sans souffle. Presentation audio de Tim Lucas de 8mn et interview de la fille d'Artur Brauner, actuelle patronne de CCC, qui est au bord de l'hagiographie.
Le film était une co-production entre la France (presence de Jean-Roger Caussimon dont le nom est écorché au générique), L'alleamgne et l'Italie (d'ou la presence de Fausto Tozzi).
340 044 entrees françaises, mais 5 fois plus en Allemagne et en Italie, et une deuxième suite qui s'enchaîne l'année suivante.
(NB. le titre original fait reference directe a une serie TV alors célèbre en Allemagne)
