En effet, le film suit le schéma économique de bons nombres de films gothiques italiens : tournage dans un lieu quasi unique, favorisant les economies de moyens. Ce qui donne au gré de la vision une sensation de piece de theatre a la Agatha Christie.
Donc, le Prescott en question meurt assassine. La lecture de l'heritage s'effectue en presence de famille et proches, via un enregistrement de sa voix qui pointe l'arrogance et le cote rance de chacun. Il indique alors que seuls 3 personnes toucheront l'héritage, après un mois passes ensemble au chateau. Evidemment, cela ne va pas tres bien se passer, au milieu de l'enquête menée par la police.
Précurseur du Giallo, ce film reprend une esthétique noir et blanc de La Fille qui en savait trop et pose les bases stylistiques du genre développé plus tard par Dario Argento. Mains gantes de noir, arme blanche, sous-intrigues, fausses pistes... cela reprénd en meme temps des codes du Krimi a la Edgar Wallace alors en vogue, tout en piquant des plans du Gothique horrifique. Voir la scene de Mary Arden en nuisette avec son candélabre.
L'histoire est signee Ernesto Gastaldi , dont on retrouvera aussi quelques influences sur Libido, tourne peu de temps après. Force est de constater que le film a mal vieilli et s'enlise dans un dédale de rebondissements et d'alliances entre héritiers, tous plus ou moins réussis les uns que les autres. L'intrigue n'offre rien de vraiment original par rapport a certains crime plus riches en thématiques et budget, mais les rebondissements semblent pointer vers ce que fera Umberto Lenzi avec carroll baker. Bien qu'ici, l'érotisme y soit quasiment absent. Mais l'appât du gain, oui.
Lui des meilleurs moments du film reste la lecture initiale du testament qui discrédite tous les présents. Tout comme la fin, assez hallucinante et ironique sur le toit du chateau, m'a rappelé la fin curieuse de
, une coincidence sans aucun doute. L'interpretation de Mary Arden porte quelque peu le film vers quelque chose de plus manipulatoire. Si la mise en scene de Dorigo reste purement fonctionnelle, sans grand genie, il sait se reposer sur les acteurs. Elle y est ici une parfaite combination de veulerie, exploitation et mise en lumière des travers de chacun. Son jeu, ses yeux malicieux rappelant son role dans 6 Femmes pour l'Assassin. celui qui étonne : Alan Steel, l'ancienne doublure et cascadeur de Steve Reeves. Il est a des années lumières de ses rôles dans les peplums, revelant une duplicité inattendue.
Coincidence, aussi pour moi, de revoir l'actrice Aïché Nana dans le role de la sexy Adriana. je vais de voir le rare western Giarretteria Colt il y a peu, la femme de Sergio Pastore y trouve ici un rôle similaire, ou son passe de strip-teaseuse lui octroie le rare moment érotique du film, plus que probablement.
Angelo Dorigo n'a pas fait grand chose pour rendre le film moins théâtral, une des limites budgétaires, de rapidité de tournage obligeant. Ce qui fait qu'on suit distraitement ce qui se passe entre les deux moments les plus intrigants du film (debut et fin). On a droit a un tres long flash back d'Ivano Staccioli paniqué en voiture, permettant de rallonger la sauce en reprenant en surimpression ses scenes dramatiques - et de finir sur un plan venant d'un autre film - et d'obtenir avec cela une durée exploitable. La copie VHS que j'ai vue est d'une durée de 76 mn. Mais il y a fort a parier que les sauts de bobines et ruptures brutales de ton (il semble manquer deux scenes?) proviennent de coupes lors de son exploitation. M'est avis que la durée devait être plus importante.
Interessant comme lien entre les genres flottants, ou le Giallo commençait a contaminer le genre gothique qui s'eteignait en 65/66, amusant comme suspense a l'anglaise, mais pas tres passionnant - hormis son plan de fin ou l'acteur a du effectuer une cascade qui parait assez dangereuse.
Oh really? Well then I'm sure you wouldn't mind giving us a detailed account of exactly how you concocted this miracle glue, would you ?