A Scanner Darkly (Substance Mort) - Richard Linklater (2006)
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Bon, "Substance Mort" le livre est mon K. Dick préféré; donc autant dire que je craignais la déception.
Et j'ai été plus qu'agréablement surpris de voir une adaptation qui n'épargne rien de la noirceur du bouquin. L'univers désaxé, la parano qui monte, la schizophrénie qui se greffe par-dessus, la fin d'un noir total : tout cela est montré et adapté dans le film... fallait oser.
Le parti pris de la rotoscopie ne m'a pas gêné : les formes constamment changeantes du complet brouillé, les ombres et volumes en perpétuel mouvement... tout cela rajoute à cette impression général d'instabilité et d'hallucination.
Par contre, il y a effectivement un problème d'équilibre, à se vouloir fidèle, Linklater ne fait pas assez confiance au visuel, et ne s'épargne pas quelques tunnels dialogués. Mais les acteurs sont convaincants, çà permet de faire passer tout ce baratin qui quelquefois renvoie effectivement aux films de slackers.
De même, l'enquête de Fred/Arctor et son déroulement, son quotidien de junkie, la manière dont tout s'enchaîne n'est pas toujours d'une grande fluidité. Mais certains y verront peut-être une forme de mise en abyme.
A l'arrivée, je ne suis pas mécontent de cette adaptation, mais comme je connais le bouquin par coeur, je pense avoir compensé sans trop m'en rendre compte les éventuels manques narratifs du film.
Moralité, je ne sais pas si je pourrais recommander ce film à quelqu'un qui n'a pas lu le livre. Sans réclamer une simplification, ou une vulgarisation, cela n'atteste peut-être pas du succès de l'adaptation.
Parceque faire ce film était un pari risqué, que les acteurs s'en sortent tous avec les honneurs, que le visuel suit, et que le scénario ne cache rien de la noirceur du roman, Pitchblack dit 5/6
Et j'ai été plus qu'agréablement surpris de voir une adaptation qui n'épargne rien de la noirceur du bouquin. L'univers désaxé, la parano qui monte, la schizophrénie qui se greffe par-dessus, la fin d'un noir total : tout cela est montré et adapté dans le film... fallait oser.
Le parti pris de la rotoscopie ne m'a pas gêné : les formes constamment changeantes du complet brouillé, les ombres et volumes en perpétuel mouvement... tout cela rajoute à cette impression général d'instabilité et d'hallucination.
Par contre, il y a effectivement un problème d'équilibre, à se vouloir fidèle, Linklater ne fait pas assez confiance au visuel, et ne s'épargne pas quelques tunnels dialogués. Mais les acteurs sont convaincants, çà permet de faire passer tout ce baratin qui quelquefois renvoie effectivement aux films de slackers.
De même, l'enquête de Fred/Arctor et son déroulement, son quotidien de junkie, la manière dont tout s'enchaîne n'est pas toujours d'une grande fluidité. Mais certains y verront peut-être une forme de mise en abyme.
A l'arrivée, je ne suis pas mécontent de cette adaptation, mais comme je connais le bouquin par coeur, je pense avoir compensé sans trop m'en rendre compte les éventuels manques narratifs du film.
Moralité, je ne sais pas si je pourrais recommander ce film à quelqu'un qui n'a pas lu le livre. Sans réclamer une simplification, ou une vulgarisation, cela n'atteste peut-être pas du succès de l'adaptation.
Parceque faire ce film était un pari risqué, que les acteurs s'en sortent tous avec les honneurs, que le visuel suit, et que le scénario ne cache rien de la noirceur du roman, Pitchblack dit 5/6
Modifié en dernier par Pitchblack le sam. juin 02, 2007 10:02 pm, modifié 1 fois.
J'ai vu le film il y a quelques semaines et j'ai beaucoup aimé. N'étant pas un adepte de Dick (je n'ai lu qu'Ubik, que j'ai apprécié d'ailleurs), je ne m'attendais pas à grand chose.
POSSIBLES SPOILERS
Pourtant, malgré un début mitigé du au visuel étonnant et à l'abondance de dialogues, j'admets avoir été conquis. Evidemment, cela ressemble plus à un récit de glandeur avec les inévitables scènes à rallonge de mecs causant sur leur canapé. Pourtant, après un moment d'adaptation, l'histoire prend forme et on comprend parfaitement les enjeux du récit. A ce titre, le sacrifice planifié du personnage interprété par Reeves est hallucinant ! A Scanner Darkly est un vrai film noir, très noir. De même, les réflexions de ce personnage lorsqu'il "comprend" qu'il est sur une pente descendante sont assez éprouvantes. (mais je suis peut être une petite nature) Et c'est à ce moment précis que j'ai compris que le choix visuel du réalisateur, la rotoscopie, est vraiment au service du récit.
Rétrospectivement, je pense que le début du film aurait du être plus percutant afin d'accrocher encore un peu plus le spectateur. Cependant, j'imagine que lors d'une seconde vision l'exposé du personnage de Reeves prendra beaucoup plus de sens...
FIN SPOILERS
A Scaner Darkly est un bon film.
POSSIBLES SPOILERS
Pourtant, malgré un début mitigé du au visuel étonnant et à l'abondance de dialogues, j'admets avoir été conquis. Evidemment, cela ressemble plus à un récit de glandeur avec les inévitables scènes à rallonge de mecs causant sur leur canapé. Pourtant, après un moment d'adaptation, l'histoire prend forme et on comprend parfaitement les enjeux du récit. A ce titre, le sacrifice planifié du personnage interprété par Reeves est hallucinant ! A Scanner Darkly est un vrai film noir, très noir. De même, les réflexions de ce personnage lorsqu'il "comprend" qu'il est sur une pente descendante sont assez éprouvantes. (mais je suis peut être une petite nature) Et c'est à ce moment précis que j'ai compris que le choix visuel du réalisateur, la rotoscopie, est vraiment au service du récit.
Rétrospectivement, je pense que le début du film aurait du être plus percutant afin d'accrocher encore un peu plus le spectateur. Cependant, j'imagine que lors d'une seconde vision l'exposé du personnage de Reeves prendra beaucoup plus de sens...
FIN SPOILERS
A Scaner Darkly est un bon film.
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Ouh la vache!
J'ai adoré!!! Une vraie petite bombe qui s'avère incroyablement gonflée de par son parti-pris visuel, parti-pris absolument pas gratuit comme certains semblent le penser et ceux qui ont testés quelques produits stupéfiants autres que la beuh ou l'ecstasy l'ont certainement remarqué dès la première minute du film (ça m'a rappelé les soirées champignons de ma folle jeunesse ). Les plans dans lesquels règne une impression de flottement sont là encore totalement au service de ce rendu, et on ne parle pas de la "scramble suit".... Quant au reste, j'ai été happé par le récit dès le début - il est vrai que mon adhésion au style visuel a grandement contribué à cela. Mais c'est fascinant et je ne me suis pas fait chié une seconde contrairement à beaucoup. Robert Downey jr. est incroyable, les autres acteurs tout à fait corrects, la musique est excellente et le scénar est diablement bien ficelé et très sombre. Le seul problème est que Linklater prend le point de vue de son personnage principal et comme celui-ci s'embrouille méchamment les panards, le spectateur se retrouve un peu confus par moment. Mais les choses sont rapidement mises au clair par la suite.
Bref, la grande classe.
J'ai adoré!!! Une vraie petite bombe qui s'avère incroyablement gonflée de par son parti-pris visuel, parti-pris absolument pas gratuit comme certains semblent le penser et ceux qui ont testés quelques produits stupéfiants autres que la beuh ou l'ecstasy l'ont certainement remarqué dès la première minute du film (ça m'a rappelé les soirées champignons de ma folle jeunesse ). Les plans dans lesquels règne une impression de flottement sont là encore totalement au service de ce rendu, et on ne parle pas de la "scramble suit".... Quant au reste, j'ai été happé par le récit dès le début - il est vrai que mon adhésion au style visuel a grandement contribué à cela. Mais c'est fascinant et je ne me suis pas fait chié une seconde contrairement à beaucoup. Robert Downey jr. est incroyable, les autres acteurs tout à fait corrects, la musique est excellente et le scénar est diablement bien ficelé et très sombre. Le seul problème est que Linklater prend le point de vue de son personnage principal et comme celui-ci s'embrouille méchamment les panards, le spectateur se retrouve un peu confus par moment. Mais les choses sont rapidement mises au clair par la suite.
Bref, la grande classe.
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Laborieux quand même ce long métrage d’animation, basé sur un bouquin de Dick alors que c'était la pleine crise du Watergate. Le coté parano ressort bien, mais sa reste bien vain par moments, ont est loin du genre SF et plus dans l'univers de la lutte contre la consommation de stupéfiant, ou bien je me suis tromper de film



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Même si certains peuvent se faire chier tout le long (pas moi) les derniers instants du film sont terriblement touchants de mon point de vue.
Une musique remarquable que je ne me lasse pas d'écouter.
J'ai lu le livre suite à la sortie dvd et de mon expérience (certes limitée) c'est l'adaptation la plus fidèle d'un livre au cinéma.
Une réussite totale.
Une musique remarquable que je ne me lasse pas d'écouter.
J'ai lu le livre suite à la sortie dvd et de mon expérience (certes limitée) c'est l'adaptation la plus fidèle d'un livre au cinéma.
Une réussite totale.
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Re: A Scanner Darkly (Substance Mort) - Richard Linklater (2006)
Un très bon souvenir d'époque que ce revisionnage a encore bonifié. J'adore ce film, sa réalisation, son ambiance, sa direction artistique, ses acteurs... Derrière les élucubrations absurdement sérieuses de ces paumés de la vie, représentants d'une contre-culture des 70's arrivée en fin de course, sourde une profonde mélancolie incarnée dans le personnage de Keanu Reeves. Toute la thématique est posée dès sa scène d'introduction : l'inaccessibilité à sa propre identité. La tenue de brouillage (superbement rendue visuellement) témoigne d'un esprit en voie de fragmentation qui déjà, s'emmêle entre le discours gouvernemental officiel et ses propres affects au bord du précipice dépressif.
Tout le dispositif du film concourt à renforcer cette perte de repère, dans un processus de dissociation en miroir avec l'autosurveillance par le prisme de caméras et de scanners, les évaluations neurobiologisantes par les psychologues (qui interviennent toujours à deux tels les hémisphères cérébraux tant convoqués), la discussion anonymisée avec un proche parlant de son alter ego, ou son triple patronyme, ce qui ne fait que lui rendre de plus en plus insaisissable sa nature profonde et donne tout son sens à ce merveilleux titre du scanner obscurcissant.
Cet être apparait prisonnier d'un tourbillon d'autosabotage, personnel (l'abandon de sa famille au profit de sa nouvelle communauté) comme professionnel (c'est mauvais signe quand tu en es à gober machinalement de la substance M au taf), en quête d'un réconfort affectif qui lui est sans cesse refusé et dont la raison s'avère finalement bien cruelle ; victime de ses tourments intérieurs autant que d'un système qui cherche à en tirer profit dans un dénouement terriblement cynique dont la préparation suggestive et matrixiante saute aux yeux lorsqu'on revoit le film.
Les acteurs sont vraiment parfaits dans l'incarnation de ces personnages frappés, du plus halluciné (super Rory Cochrane) au parano subtilement dangereux (magnifique Robert Downey Jr), qui, en sus de l'éternel Keanu Reeves au casting parfait considérant ce qu'il dégage naturellement de tristesse, représentent tous des avatars de Dick lui-même. Substance Mort fait partie des dernières œuvres de l'auteur, dans lesquelles il a injecté le plus de sa propre vie : difficile de ne pas voir dans cette colocation à la dérive la maison de l'auteur quand il avait abandonné sa famille pour accueillir toute la faune interlope locale et qu'il vitupérait contre une alléguée surveillance par le FBI.
A Scanner Darkly est ainsi, selon moi, l'une des meilleures adaptations de Dick tant pour son respect de ses thèmes d'écriture que de ce que fut la fin de sa vie.
Tout le dispositif du film concourt à renforcer cette perte de repère, dans un processus de dissociation en miroir avec l'autosurveillance par le prisme de caméras et de scanners, les évaluations neurobiologisantes par les psychologues (qui interviennent toujours à deux tels les hémisphères cérébraux tant convoqués), la discussion anonymisée avec un proche parlant de son alter ego, ou son triple patronyme, ce qui ne fait que lui rendre de plus en plus insaisissable sa nature profonde et donne tout son sens à ce merveilleux titre du scanner obscurcissant.
Cet être apparait prisonnier d'un tourbillon d'autosabotage, personnel (l'abandon de sa famille au profit de sa nouvelle communauté) comme professionnel (c'est mauvais signe quand tu en es à gober machinalement de la substance M au taf), en quête d'un réconfort affectif qui lui est sans cesse refusé et dont la raison s'avère finalement bien cruelle ; victime de ses tourments intérieurs autant que d'un système qui cherche à en tirer profit dans un dénouement terriblement cynique dont la préparation suggestive et matrixiante saute aux yeux lorsqu'on revoit le film.
Les acteurs sont vraiment parfaits dans l'incarnation de ces personnages frappés, du plus halluciné (super Rory Cochrane) au parano subtilement dangereux (magnifique Robert Downey Jr), qui, en sus de l'éternel Keanu Reeves au casting parfait considérant ce qu'il dégage naturellement de tristesse, représentent tous des avatars de Dick lui-même. Substance Mort fait partie des dernières œuvres de l'auteur, dans lesquelles il a injecté le plus de sa propre vie : difficile de ne pas voir dans cette colocation à la dérive la maison de l'auteur quand il avait abandonné sa famille pour accueillir toute la faune interlope locale et qu'il vitupérait contre une alléguée surveillance par le FBI.
A Scanner Darkly est ainsi, selon moi, l'une des meilleures adaptations de Dick tant pour son respect de ses thèmes d'écriture que de ce que fut la fin de sa vie.