Materialists - Celine Song (2025)

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Superwonderscope
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Materialists - Celine Song (2025)

Message par Superwonderscope »

Lucy est une marieuse de NYC (Dakota Johnson) prise en étau entre un riche client potentiel qui semble tomber amoureux d'elle (Pedro Pascal) et son ex acteur a la derive et serveur (Chris Evans).


Une rom com en apparence, mais au ton quelque peu autre, et tres éloigné des légèretés a la Katherine Heigl et consorts. Ici, on parle argent. le mariage est avant tout un deal. L'amour vient éventuellement avec. Des la premiere scene avec le pre hier couple préhistorique, ca donne le ton. Clair que l'autrice veut casser des codes, et pas que.

Cela semble aussi être un prolongement de son film d'avant,m Past Lives, ou deux amis voient leur nature et leur relation observée sur 24 ans.

Dakota Johnson offre une interpretation toute en subtilité d'une jeune femme réaliste aux tendances des rencontres modernes. Elle veut d'ailleurs un mari riche, ayant largue son ex du fait qu'il soit fauche. Et sa reflexion graduelle sur ce qu'elle inculque a ses client.e.s, et le cote rose bonbon qui vire soudainement a la noirceur.
Pedro Pascal possede un rôle suave, sûr de lui. Beaucoup de charme, d'assurance - son premier dialogue va exactement dans le sens du mariage-business. c'est juste qu'il veut gagner. par tous les moyens, puisque l'histoire réelle
Spoiler : :
qu'il s'est fait casser les jambes afin de gagner plusieurs centimetres en hauteur
ce qui, honnetement, est une pratique que je connaissais pas.
Chris Evans a enfin un rôle plus dramatique que dans ceux ou il est habituellement cantonne, et il se revole plutôt bon dans un acteur qui ne perce pas et qui vit une vie mediocre, sans pouvoir surnager vraiment.

Le choix de dépeindre Lucy comme une mercenaire complexée (et ouvertement en proie au dégoût de soi) qui parle des relations – les siennes et celles de ses clients – en termes purement transactionnels suggère une approche déconstructionniste du cinéaste. Johnson, qui possède un certain charme d'être détachée de tout et de tous (y compris de son propre jeu d'actrice), est parfaitement choisie pour incarner cette femme qui a un don pour l'analyse des situations.

Aucun des deux films de Song ne présente d'histoires d'amour particulièrement captivantes, et encore moins leurs conclusions , mais Materialists possède d'autres atouts. Le style visuel luxuriant et perspicace de Song, par exemple. Le choix de tourner en 35mm qui offre une sorte de voile permamen
t sur le visuel (et, donc, celui dans la tete de chacun des protagonistes en proie au doute). La garde-robe enviable de Lucy, d'un chic professionnel minimaliste.

Et surtout, la catharsis de voir les gens exprimer à voix haute les aspects tacites des rencontres, aussi désagréables et insensibles soient-ils. Song a été marieuse professionnelle au milieu des années 2010, transforme les présupposés non dits des rencontres, la matière première du marché, en répliques cinglantes. Les quarantenaires trouvent les femmes trentenaires trop compliquées et abusent du mot « beauté » ; les femmes refusent même de regarder un homme de moins d'1m83. Les attentes de chacun sont démesurées, à la fois justifiées et excessives..

Materialists a nuancé le tout par un étrange mélange de qualités, aussi séduisant que frustrant. le film m'a laissé un sentiment mitigé : captivé par les confessions, agacé par la romance finale, son introduction préhistorique au bord du ridicule. Malgré de nombreuses observations originales, le film aboutit à une conclusion qui brouille quelque peu ce qui précède. Je ne reproche certainement pas à une comédie romantique de révéler ses sentiments. Inégal mais jamais superficiel, Materialists est loin d'être parfait, mais mérite d'être regardé.

Et, aussi, la musique de Daniel Pemberton, en petite musique a priori de fond et sans identité, qui se revele parfaite pour accompagner et guider des scenes. Ce qui prouve sa versatilité complète ( passer de Enola Holmes a Ocean's 8 a cela, bravo9. Un achat direct pour ma part. Un de mes compositeurs préférés actuellement. a noter que la musique est meme sortie en vynile, fait assez rare.

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Oh really? Well then I'm sure you wouldn't mind giving us a detailed account of exactly how you concocted this miracle glue, would you ?
dario carpenter
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Re: Materialists - Celine Song (2025)

Message par dario carpenter »

Même avis que toi, j'avais trouvé le "pitch", l 'étude de caractères et la direction du casting plutôt solides, mais dans mon souvenir la dernière partie du film évoluait vers quelque chose d'un peu plus attendu, prévisible, dommage. Mais ça reste un peu plus complexe/nuancé et au dessus de la moyenne des comédies romantiques, je suppose!
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