
Il est osé de sortir en salle un film qui fait suite directe à trois précédents opus uniquement distribués en vidéo chez nous au cours des 10 dernières années. Heureusement, Lupin the IIIrd nous balance un résumé condensé mais copieux de ce qu'on a loupé (et qui a l'air très chouette), avant d'embrayer aussi sec dans une nouvelle intrigue au ton totalement différent et follement chéper avec son île au croisement de celles du Dr Moreau et du Prisonnier (et d'autres inspirations que je tairai pour vous laisser des surprises). Il faut bien s'accrocher à son siège face à l'avalanche de situations fantastiques loufoques qui ne semblent pas perturber nos héros.
La Lignée immortelle doit vraiment être abordé comme un délire d'animateurs et de charadesigners qui favorisent les idées visuelles et les mix de concepts, plutôt que la cohérence scénaristique globale (encore que Lupin a des éclairs de génie dans sa compréhension rationalisante du nawak ambiant). Et pour le coup, c'est très stimulant et réjouissant, un brin épuisant par moments malgré quelques baisses de régimes, avec une superbe direction artistique, plein de jolies couleurs, une réalisation souvent frappadingue et des propositions clivantes (faut l'assumer, le Muom).
On se demande parfois ce qu'on est en train de regarder, mais si le résultat n'est sans doute pas aussi puissant que Redline,, il demeure une expérience qui mérite le détour et qui donne envie de voir les trois précédents films, au rythme a priori plus sage.