
Adaptation cinématographique d'un conte historique d'origine chinoise qui a diffusé dans toute l'Asie, développant au sein d'une intrigue multiple le canevas du jeune lettré tissant une relation amoureuse dangereuse avec une revenante (petit pont avec Histoire de fantôme chinois, revu récemment). Dans ce Botan Doro, c'est à l'occasion de Obon, le festival des morts, qu'un nobliau rebelle à sa condition sociale et porté sur l'éducation des miséreux reçoit l'étrange visite d'une désespérée et de sa matrone, éclairées par une lampe pivoine.
Il s'avère bien vite que les dames sont des spectres de suicidées cherchant apaisement de leur âme auprès du jeune homme compatissant. L'intérêt de l'intrigue est l'ambiguïté de cette relation, entre sincérité et manipulation, sentiment amoureux et attrait sexuel, forces de vie et de mort. Mais le point fort du film est son ambiance fantastique estivale que porte une photographie aussi classieuse que sa réalisation. Les FX sont vraiment chouettes, avec différents effets de flottement très bien rendus et des variations de maquillage jusqu'au quasi cadavérique qui ont dû faire frisonner le public de l'époque.
Botan Doro conserve des stigmates de son origine théâtrale kabuki dans certaines prestations, mais il se pare simultanément d'aspects modernes (dont une étonnante tentative de corruption spectrale !). La morale est quant à elle teintée d'incertitude : faut-il y voir une punition pour celui qui se soustrait à son devoir filial ou une forme de libération à travers une romance tragique ? À chacun de trouver sa réponse.
Splendide coffret de Robot Roboto Films.
