
Pas revu depuis sa sortie en salle en 2001, dont j'avais conservé un souvenir confus, et grand plaisir de redécouverte. Metropolis souffre clairement d'ambitions démesurées qui s'avèrent trop écrasantes pour lui, ce qui se traduit par un trop-plein d'idées lui donnant un côté patchwork et un rythme inconstant. Le concept artistique initial, à savoir dessiner les personnages selon le style "enfantin" de Tezuka dans un environnement graphique moderne et soutenu par l'emploi de CGI, est déjà en soi un pari très risqué qui s'est confirmé dans les avis clivés du public. Mais pour ma part, tous ces éléments font la force et la richesse du film qui a de ce fait toujours quelque chose d'intéressant à proposer, que ce soit visuellement, musicalement ou thématiquement.
Car là encore, il brasse énormément de sujets : futurisme urbain, enquête noir, dystopie jazzy, apartheid, révolution prolétarienne, techno-mysticisme, et surtout fascisme, nommé comme tel, montré comme tel dans toute sa violence qui vient justement contraster avec le design tezukesque. Si Rintaro fait le choix d'éviter de montrer ostensiblement le sang et la mort, les massacres de robots par les milices font froid dans le dos, et le personnage de Rock est terrifiant de rectitude idéologique et d'idolâtrie du père.
L'ombre d'Akira se fait évidemment sentir dans les confrontations politiques violentes et la figure de l'innocence pervertie (ici Tima) qui donne lieu à une puissance destructrice dont la mise en scène apocalyptique fait finalement écho à l'effondrement du film sous son propre poids. A ce propos, les CGI sont certes de qualité inégale mais ils supportent mieux que je ne le craignais le passage du temps car ils bénéficient de choix artistiques tranchés et plutôt cohérents.
Échec commercial de son temps et film un peu oublié depuis, Metropolis gagne à être revu et mériterait de sortir un peu de l'ombre tant sa proposition est unique et stimulante.