Théme difficile qu'aborde Lommel puisque La tendresse des loups traite de pédophilie auquels se greffent le vampirisme, la nécrophilie et le cannibalisme, sujets où tous les éléments semblent être réunis afin d'offrir à l'amateur de délices sordides et nubiles un explosif cocktail de subtils moments de plaisirs.
Dans sa miteuse petite chambre d'hotel, Fritz fait monter des adolescents à qui il offre le gite contre d'agréables douceurs charnelles. Repéré par la police, il est arreté pour fraude, prostitution, débauche sur mineur, vol mais aucune sanction n'est prise s'il collabore avec eux afin de découvrir d'où proviennent les ossements de jeunes mineurs trouvés régulièrement dans le fleuve. Il profite de cette occasion pour satisfaire ses instincts de plus en plus macabres.
La tendresse des loups est un film difficile qui aurait pu trés vite sombrer dans la facilité à laquelle se refuse Lommel.
Il a choisi la pudeur donnant ainsi à son film un coté presqu'intimiste. A aucun moment, il ne se fait voyeur

Le malaise provient outre de son sujet, de son décor sordide, un pauvre hotel, petite chambre miteuse sous les toits aux escaliers qui grincent et de la description des faits, ceux qu'on imagine d'autant plus innommables de par ces inquietants bruits résonnant dans le silence de la nuit, ces images tout en suggéré ou ces regards effrayés laissant vagabonder les pires pensées.
C'est la voisine qui tremble chaque nuit quand elle entend l'escalier grincer, laissant supposer le pire dés qu'elle voit ou devine un adolescent suivre Fritz, homme si bon et serviable.
Ce sont ces bruits de pas, ces chaises qu'on racle, ces bruits etranges et inderterminés, ces soupirs indécents

Ce sont ces scenes parfois sans importance mais dont le sens profond prend toute son horreur dans ce qu'elles sous-entendent comme ce petit garconnet d'à peine douze ans qui suite à un regard amical suivra l'homme dans sa masure et frappera à sa porte.
C'est également la personnalité de Fritz, homosexuel patibulaire et porcin à la fois sympathique et inquiètant, un homme bien sous tout rapport cachant sous cette bonhomie les pires vices mais surtout tourments, personnage complexe qui peut de moins en moins contenir ses pulsions morbides.
S'il ne peut épancher sa soif de jeunesse et refreiner son attirance pour ces corps, il perd lentement pied d'avec la réalité sombrant dans la folie. Une folie qu'il doit nourrir dans tous les sens du terme ici justement tout en tentant de rester normal car Fritz est ce qu'il y a de plus lucide. C'est pour lui une lutte, une malediction contre laquelle il ne peut rien et qui le ronge de l'interieur, attendant la mort liberatrice.
Cette soif de jeunesse il ne peut pas seulement la satisfaire en faisant l'amour à ces adolescents, il doit les tuer en buvant leur sang, plantant ses dents dans leur cou juvénile avant de faire l'amour à leur cadavre et offrir leur chair à ses amis sous forme de magnifiques jambons, se débarassant ainsi de leur corps, les ossements et autres morceaux étant jetés dans le fleuve.
Son ultime victime, un jeune pianiste, mettra la puce à l'oreille à son entourage qui le dénoncera à la police qui mettra sur sa route une fausse proie.
La tendresse des loups est un film lent, une lenteur accentuée par une réalisation monotone typique d'un certain cinéma allemand d'alors que certains pourront trouver ennuyant. De cette lenteur vient pour beaucoup cet aspect intimiste du film, un aspect parfois théatral même avec ses trois décors qui rapellent un peu les oeuvres underground 70s ou plus proche de nous des oeuvres comme New York 42eme rue de Morrissey. Produit par R.W. Fassbinder, ici acteur, on reconnait là les ambiances chères au réalisateur et cette attache aux personnages.
Oeuvre sulfureuse, La tendresse des loups n'est pourtant pas le film trash qu'on pourrait penser. Point d'images choc ici, l'amateur de corps nubiles et beaux adolescents en plein ébats interdits sera quelque peu décu. Aucune nudité incongrue, tout ce qui doit être dissimulé l'est joliment, caché par une porte qui se ferme, un pied de lit ou un vase



La scene la plus explicite est sans aucun doute, outre la séquence tragique qui cloture le film, celle du meurtre du jeune pianiste androgyne dont Fritz arrachera la gorge à pleines dents avant de le déshabiller frenetiquement offrant une vision d'une superbe touffe enveloppant un sucre d'orge parfait

Restent donc quelques rapides croquages de cou à défaut d'oignons




Classique du film gay, La tendresse des loups est un parfait exemple d'un certain cinéma underground allemand des années 70, oeuvre macabre et sordide, film atmosphèrique que l'amateur ou d'autres saura apprécier.
Le corbeau qui adore les petits loups aux dents longues quand ils se font minets sauvages.