Superfly a écrit :Mais tu peux le voir comme ça aussi... si tu le souhaites

moi j'y vois aussi la main tendue de la famille ricaine, qui se recompose et ramenant vers le droit chemin la petite sauvageonne

d'ailleurs y'a un beau gros plan quand elle prend sa main dans la sienne.
En fait comme le Aja, tu peux tout interpreter.

Oui, mais sans la prière... et puis elle voulait s'en sortir depuis longtemps. A la différence du Aja, le Craven ne présente pas la famille américaine comme une famille de beaufs. Dans le monde d'Aja, la sauvageonne se suicide. Facile. Dans le Craven, au moins, elle a sa chance.
Ensuite, que Aja présente la famille américaine comme une famille de beauf, pourquoi pas après tout. Dans ce cas, il fait de son héros un beauf à la fin, par l'intermédiaire de l'utilisation des armes.
De deux choses l'une : soit Aja est sincère et son discours sent mauvais. Soit il est extrêmement cynique et se fout de la gueule de tout le monde, des handicapés comme des ricains. Et ce deuxième choix est peut-être même plus gênant que le premier.
Dans Deliverance, qui reprend le même schéma thématique (les civilisés fabriquent des abrutis et se les reprennent finalement dans le cul) on a deux choses : 1) le héros n'a peut-être pas tué le violeur. 2) le héros est un tueur aux yeux de la civilisation humaine et devra vivre avec ça. Il en est traumatisé.
Boorman plante son décors et ne fait pas l'apologie de l'autodéfense. Mais Boorman n'est pas Aja. Et admettons qu'Aja fasse l'apologie avec cynisme (c'est à dire en dénonçant le propos qu'il avance), il ne surlignerait alors pas suffisemment son discours, comme le ferait un Verhoeven. Car vraiment, je ne suis pas sûr que le recul cynique soit si frappant.
Je pense beaucoup de bien d'Aja. Mais laissons lui encore un peu de temps pour affirmer et affiner son discours au sein de ses films.