Revu sur le DVD américain Paramount. Je suis surpris de lire ici que c'est un film "naïf" ou trop gentil, dans le sens que c'est quand même un métrage assez sombre dans ses thèmes si on le regarde attentivement.
C'est un film qui dépeint durant la majorité de son métrage un personnage qui a la sensation d'être passé à côté de sa vie à force de n'avoir toujours agi que par sens du devoir, et qui sombre en fin de compte dans une dépression suicidaire. Un thème au profond, grave et assez universel, exigeant une certaine maturité pour être bien appréhendé... Capra donne une réponse optimiste... mais tout de même !
C'est tout de même l'histoire d'une faillite et d'un suicide - ce qui prolonge un peu "L'homme de la rue". S'il n'y a qu'une seule personne foncièrement "méchante", nous voyons aussi des personnes - dont le héros - se comporter mal (battre un enfant, faire des reproches injustes...) ou être tenté de le faire sous l'influence de la peur, de la colère, de la frustration, de l'avidité, de l'égoïsme... N'est-ce pas au fond plus réaliste et plus fin que de dépeindre des méchants irrécupérables, "top dark" et au fond, complètement caricaturaux ?
Il est aussi intéressant de le voir ces jours-ci, sur fond de crise financière et d'effondrement des prêts immobiliers, le personnage de Bailey dirigeant un établissement bancaire à vocation sociale, permettant, par un système de prêt quasi-mutualiste, à des employés modestes d'accéder à la propriété immobilière !
J'ai quand même des réserves sur ce film, j'ai toujours été mal à l'aise avec sa description de la ville "corrompue" dans laquelle on a un pianiste du genre fats waller en train de jouer du jazz, et la ville "heureuse" ou le cinéma passe les "Cloches de Sainte-Marie" ! Il y a dans cette vision idyllique de la petite ville rurale américaine quelque chose de réactionnaire, d'ennuyeux qui m'a toujours mis mal à l'aise.
Reste toujours un film fort bien joué, superbement mis en scène, écrit avec intelligence et conviction et quelques grands moments d'émotion dont Capra a le secret, tel le prologue avec le drugstore, ou bien sûr le final, grand moment de tire-larmes de l'Histoire du Cinéma. Comme l'écrit Barrie Maxwell chez digital bits : "And anybody who is not moved by the film's conclusion, especially at Christmas, should wonder what's wrong with them." !
"La vie est belle" a eu un destin assez curieux sur le marché de la vidéo, vu qu'il a à un moment été considéré comme libres de droits, mais que finalement Republic a pu établir que le film ne pouvait être exploiter sans son autorisation, et en a récupéré les droits. Toute édition "libres de droits" est donc théoriquement, aujourd'hui, un disque pirate.
Le disque "60ème anniversaire" zone 1 de Paramount propose une copie vraiment magnifique. Vous trouverez bien de légers halos de edge enhancement ou des petits points très ponctuels, mais vraiment si vous les cherchez ! Pour le reste, une copie très belle, une vraie grande restauration de luxe qui donne un avant-goût de la réussite que sera sans doute le bluray du même éditeur ! Doublage français dispo, mais pas de stf, juste des sta...
