
Au VIIème siècle avant notre ère, les deux villes voisines d'Albe et de Rome se déchirent dans une guerre fratricide. Pour y mettre un terme, on organise un duel entre trois champions de chaque cité : les frères Horace pour Rome, et les Curiaces pour Albe.
"Les Horaces et les Curiaces" fait partie de ses péplums à réalisation bicéphale. Les copies italiennes et françaises créditent à la mise en scène Fernando Baldi tandis que les anglo-saxonnes nomment l'anglais Terence Young (juste avant "James Bond contre Dr. No"). Deux valeurs sûres de la série B européenne, bénéficiant ici d'un budget moyen, ni ridicule, ni fastueux. La figuration est plus que correcte, les décors et les costumes sont variés et soignés. Nous croisons des vedettes comme l'américain Alan Ladd, alors au crépuscule de sa carrière, dans le rôle du frère aîné des Horace, ainsi que Franco Fabrizi en Curiace.
Alan Ladd est un brin âgé pour le rôle (il paraît presque plus âgé que l'acteur jouant son père). Son manque d'enthousiasme est un peu trop flagrant. Dans la tristesse ou l'allégresse, il affiche toujours la même mine défaite et mélancolique. On pourra aussi reprocher un prologue très précipité, qui donne l'impression de prendre le train en marche, ainsi qu'une tendance du scénario à passer un peu vite du coq à l'âne. Enfin, l'interprétation est loin d'être d'un niveau égal.
Il y a pourtant des éléments intéressants dans ce péplum, à commencer par un ton tragique, approchant le thème du héros sans fanfaronnade. Horace est ainsi injustement banni de Rome pour lâcheté. Où commence la lâcheté et où se termine le dégoût d'une guerre inutile, que tous s'accordent à considérer comme un gâchis terrible ?
L'action est correcte, la mise en scène et le filmage sont appliqués et compétents. Nous avons notre dose d'érotisme désuet avec l'enlèvement de femmes romaines par les curiaces. "Les Horaces et les Curiaces" n'est pas un incunable du genre, mais il s'agit certainement d'une honnête série B de son temps, avec suffisamment d'arguments pour convaincre les amateurs d'"épées et de sandales" !
Vu sur TCM qui a passé ce film il y a peu dans le cadre d'un cycle Alan Ladd, dans une copie française 2.35 16/9 VF seulement (pas de VO disponible) durant environ 90 mn ; copie passable, à la définition fluctuante, aux noirs un brin enterrés, avec des saletés assez fréquentes. Le film existe en DVD français, au sein de la collection fabbri spécialisée dans le péplum, très vraisemblablement la même copie...
