La passion Béatrice - 1987 - Bertrand Tavernier

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Manolito
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La passion Béatrice - 1987 - Bertrand Tavernier

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Au Moyen Age, François de Cortemart et son fils sont fait prisonniers par les anglais, puis relâchés après que leur famille ait payé une rançon. Dès son retour, François, accompagné de mercenaires brutaux, se comporte de manière inquiétante envers son entourage...

Dans les années 80, Tavernier signe coup sur coup deux beaux succès critiques avec "Un dimanche à la campagne" puis "Autour de minuit". Arrive ensuite "La passion Béatrice" qui sera accueilli dans l'indifférence et n'intéressera pas le public.

Tavernier y dépeint le crépuscule du moyen âge et de la chevalerie. François de Cortemart revient défait d'une bataille contre les anglais au cours de laquelle les chevaliers français sont massacrés par des archers (on devine que c'est Azincourt ou en tous cas une bataille de la guerre de cent ans). Les idéaux de la chevalerie sont jetés à bas et le seigneur, accompagné d'une sinistre bande d'écorcheurs, transforme son paisible château et ses terres en un champs de bataille où règne le viol, la folie et le pillage.

Certes, voilà des intentions intéressantes, mais le résultat n'est guère probant. La reconstitution ne fonctionne pas bien, tout cela sent fort les années 80 et un certain manque de moyens ; le décor pourtant spectaculaire du château de Puivert paraît dénudé, peu vivant. Certains acteurs sont fades, Julie Delpy, à tout juste 18 ans, n'est pas vraiment convaincante en damoiselle du moyen âge.

Le rythme est vraiment lent, on a du mal à rentrer dans cette histoire rurale, les séquences s'enchainent parfois de façon assez chaotique. Bref, les deux heures paraissent vraiment longuette, l'austérité recherchée devient une aridité fastidieuse, et il est clair que Tavernier s'est planté sur ce coup-là.

Il y a pourtant des choses qui fonctionnent. Donnadieu passe parfois bien (le récit de la bataille lors de son repas de retour), la perception de la nature et des paysages naturels est intéressante. Mais malgré une surenchère finale dans les atrocités d'un moyen âge déclinant, nous restons sur une impression de déception.

A noter que Riccardo Freda, à qui le film est dédié, est mentionné comme ayant participé à la réalisation du métrage avec une équipe italienne...

Vu sur ciné cinéma star où il est passé dans une copie 1.85 16/9 à peine correcte, pour du câble. Mais bon, le film est rare. VF en mono.

Inédit en DVD à ma connaissance. Il est toutefois sorti en VHS en son temps.
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