Un écrivain revient dans la ville de son enfance ou il semble se dérouler des événements mystérieux.
Bilan plutôt mitigé pour cette adaptation d'une nouvelle de Stephen King par Tobe Hopper, un bilan qui force d'ailleurs à une sensible réévaluation de la seconde adpation réalisé par Michael Salomon il y a peu de temps de celà.
Au niveau des bonnes choses, on compte notament une partition musciale assez sympathique et grandement bénéfique pour l'ambiance générale du film, quelques bonnes scènes, dont la découverte de la fameuse maison servant de repaire à Kurt Barlow, une maison lugubre et semblant totalement en état de décomposition, et un vampire au look mixant Nosferatu et les schtroumpfs assez inédit !
Au rayon des défauts, c'est malheureusement un peu l'embouteillage. Si James Manson est comme toujours très classe et que l'héroine est absolument délicieuse, Davis Soul est lui particulièrement fade.
Les personnages peinent à éxister et le montage, enchainant les fondus au noir, s'avère de plus particulièrement énervant, la grande majorité des scènes d'attaques se terminant de plus par un arrêt sur image donnant au métrage, il est vrai normalement déstiné à la télévision, un look de vieux téléfilm bien fade.
Vu la version longue dispo en Z2, et finalement assez curieux de voir se que donne la version courte jadis sortie en VHS, toute les scènes du filn étant loin d'être primordiales à sa bonne compréhenssion.
Pour une fois c'est pratiquement une première pour moi qui n'aime pas les remakes, et qui pourtant adore Hooper ! Je préfère la dernière version de Salem en date avec Rob Lowe !
C'est une bande qui a tout à fait l'air de ce qu'elle est: un produit télé de trente ans d'âge qui, parfois, parvient à transcender son cahier des charges. La "Hooper touch" dans quelques ambiances et décors, tout de même.
Pas vu la version de Mikaël Salomon mais j'aime beaucoup ce Hooper. Il y a en effet un côté TV seventies assez marqué dans la photo (que je trouve très réussie dans son style vieillot, très coloré), le rythme et la sagesse du métrage en matière de violence. Mais j'adore l'ambiance de décrépitude générale du film, qui m'évoque un peu Le Crocodile de la mort. La grande baraque de Straker est un décor splendide très bien exploité par Hooper et les apparitions un brin kitschounette des vampires, moi je les trouve assez flippantes. Et puis si l'on met de côté la terne prestation de David Soul, c'est du tout bon niveau interprétation, avec un James Mason grandiose et une fabuleuse galerie de trognes plus ou moins mythiques dans les seconds rôles (Lew Ayres, Elisha Cook, Jr., George Dzundza, Geoffrey Lewis, Kenneth McMillan, Reggie Nalder, Marie Windsor).
La version VHS que j'ai vu (une cassette locative anglaise) il y a un bon bout de temps - et qui dure 107 minutes - est plutôt à éviter. C'est complêtement décousu : certains personnages surgissent sans explication dans l'histoire (celui de Dzundza), d'autres sont évacuer aussi brutalement (le perso de Bonnie Bedelia), Elisha Cook, Jr. lui n'est plus qu'un figurant. Il me semble aussi que l'épilogue au Mexique est totalement zappé.
Le rapprochement avec le crocodile de la mort n'est pas faux du tout, surtout quand il filme la lune. On sent que Hooper tente de créer une symbolique derrière, et c'est particulièrement patent à la fin.
Un bon téléfilm dans l'ensemble, hélas pas assez fiévreux pour installer une ambiance macabre de premier plan. Quelques éléments de l'intrigue de King auraient mérité d'être présents - les vampires dans le bus par exemple était un coup de maître dans le roman.
Hooper a fait de son mieux pour respecter le récit et cela se voit. Titre ridicule, Les vampires de Salem est un film à voir lors des apparitions des vampires qui transpercent la brume : les mots de King semblent colorer l'ambiance, c'est très fidèle dans la reconstitution.
Par contre, le Nosferatu de Hooper est évidemment ridicule, ce qui amoindrit l'atmosphère de terreur. Soul est pas trop mauvais dans son interprétation et Bonnie Bedelia est délicieuse et juste dans le rôle. Toutefois, cela manque de la tonalité psychologique présente dans le roman ; King nous dévoilait grâce à des rétrospectives souvent léthargiques et terrifiantes un personnage complexe à travers ce Ben Mears.
Le rendu est absent ici. Enfin... Même si dans la linéarité du récit, le respect est "sauf", Hooper bénéficie d'un score musical plutôt bien foutu, ce qui donne du nerf à l'ensemble.
Autre erreur aussi qui en fait un film d'ambiance mou, est la maison et la relative naïveté des "forces du mal" (Stalker, bien que très bon en "européen" raffiné, finit comme un papi dans une maison de retraite^^ et je ne parle même pas du manque total d'intensité pour le final avec Nosferatu, digne d'un final fulcien pour Frayeurs). La maison aurait dû être plus "élevée", paraître inaccessible, et loin de la route comme dans le roman.
Bref, manque de fièvre, de moiteur, et d'intensité psychologique, mais le tout se laisse suivre grâce à un charme indéniable qui se dégage du métrage.
Un homme et un enfant quelque part au Mexique. Lors d’un arret dans une eglise, ils comprennent que leurs poursuivants sont toujours a leurs trousses. L’homme se rappelle comment tout a commence quelques temps plus tot. Il rentrait dans sa ville natale de Salem’s Lot pour ecrire un livre sur la « Marsten Mansion », une sinistre batisse de mauvaise renommee dans laquelle venait justement d’amenager un etrange antiquaire.
Parmi les premieres adaptation de King, les plus connues sont les adaptations cinematographiques de Carrie (1976) et Shining (1980), ces dernieres ont tendance a cacher la premiere adaptation televisuelle de King : Salem’s Lot (1979).
A la base, SL a beaucoup de choses pour pour plaire ; une maison mysterieuse (la Marsten House), reminiscente du Bates Motel et autour de laquelle personne n’aurait envie de trainer ; une distribution solide en tete de laquelle David (Ken Hutchinson) Soul et de laquelle trone James Mason, impeccable dans le role de l’inquietant antiquaire. Un autre plus, est la description de la vie et atmosphere d’une petite ville avant la pernicieuse et insidieuse catastrophe qui se rapproche.
A la realisation, Tobe Hooper, un jeune realisateur, star montante de l’epouvante ayant reussi a choquer l’Amerique (et le reste du monde) avec son Massacre a la Tronconneuse (1974), qui comme La Nuit des Morts-vivants (1968) de Romero et les 2000 Maniacs (1964) de Hershell-Gordon Lewis annonce une nouvelle approche dans l’horreur. Approche selon laquelle les anciens monstres du bestiaire fantastiques (Loup-garous, vampires, sorcieres, momies et autres monstres de Frankenstein) sont laisses de cote pour offrir des nouvelles peur, lies des creatures plus proches de nous (humains cannibales, tueurs en serie et autres monstres modernes).
Si au premier abord, confier une histoire de vampires, creatures « classiques » a Hooper, pere-fondateur d’un nouveau genre de monstres, il ne faut pas oublier que l’approche de King (lui aussi pere de nouvelles terreur) met en scene des vampires sortis de leur habit naturel (le Londres dans le brouillards du 19eme siecle, les chateaux dans les Carpates) pour les parachuter dans un « everytown, USA ». Vu comme cela, effectivement le choix peut paraitre plus judicieux.
Le tout a donc etait reuni a l’epoque pour produire un programme TV-phare qui aura pour effect de parachever l’ascension de King comme nouvelle icone « bankable » de la pop-culture US et de tracer la voie a une multitude de futures adaptations.
Il est interessant de noter qu’a la meme epoque, en Angleterre le soleil de couchait sur la Hammer et l’Amicus qui avaient toutes deux fonde leurs succes sur les creatures « classiques », mais avaient du mal a negocier le tournant vers une epouvante plus « moderne ». A ce niveau-la, SL pourrait etre considerer comme une des options possibles, mais non decouvertes par les deux prestigieux studios pour se renouveller et s’implanter dans un monde contemporain. Amicus a effectivement tente l’experience avec un whodunnit lycanthrope ( The Beast must die (1974) ) et d’autres productions se passant dans des cadres contemporains, mais n’a pas reellement reussi a poursuivre dans la voie et a notamment sortir du cadre « britannique » de ses histoires. L’epouvante allait quitter la vieille Europe pour les USA.
A noter egalement l’hommage offert par le film via le design du vampire original, qui aura ete jusqu’a chercher comme modele le vampire original expressioniste allemand par excellence.
Malheureusement si la premiere partie parvient a un crescendo parfaitement maitrise dans l’epouvante, empillant les idees (maison hantee, malediction, vampires, contamination, fantomes), les scenes fortes (le retour des victimes et la predation a laquelle ils se livrent sur les vivants), la deuxieme partie commence par contre a montrer ses limites dans le traitement du combat contre la contamination vampirique de la ville. Les raisons sont peut-etre a chercher du cote du media televisuel, pas encore pret a accepter une horreur trop « decomplexee ». Ceci se traduira aussi par des ravages de l’epidemie de vampirisme plutot survoles dans le metrage. De nos jours, le traitement serait plus « graphique », voir « apocalyptique ».
Quoiqu’il en soit, l’influence du metrage ne sera pas a negliger dans les histoires de vampires a venir. Par exemple, l’affrontement final avec James Mason sera pratiquement repris tel quel dans Fright Night (1985) 6 annees plus tard .
Malgre ses defauts (notamment ; l’ouverture et la cloture completement hors de propos), un (tele)film-charniere dans le fantastique, categorie vampirique.
A voir, pour l’entree des vampires dans le monde contemporain.
Pour ceux qui comme moi n'ont plus que de vagues souvenirs de la VHS française contenant le montage cinéma, n'hésitez pas à investir dans le DVD zone 2! C'est le jour et la nuit! Et pourtant, les vampires m'ennuient plus que tout... Là, ils font vachement peur et viennent toquer aux carreaux. Une seule envie désormais revoir la version courte pour me rendre compte de ce qui a disparu au montage.
Hooper rules!
Superwonderscope a écrit :le film sort en Blu ray US le 28/09/2016 en montage de 3h03, au format 1.85:1, avec des st français et un commentaire audio de Tobe Hooper!
S'est chez Warner US en multizone
Bon après je l'est déjà en Z1 US, et depuis que j'ai mon lecteur multizone HDMI....
Toi t'est un flic..? Non j'uis un con. Snake Plisken Escape from NY
Je ne comprend pas pourquoi en France sort la mini série Ca va sortir en Bluray édition steelbook, et pas ce très bon téléfilm de Hooper. Alors que du coté de Allemagne ils auront droit au deux sorti en HD bien sûr.....?
Toujours pareil en France ont est jamais logé de la même manière dans d'autres pays par Warner
Toi t'est un flic..? Non j'uis un con. Snake Plisken Escape from NY
Je viens de finir de relire le roman de S. King et en voyant ce sujet je me suis dis que c'était l'occasion de redonner sa chance au film de Hooper. Je n'en suis pas bien loin, c'était tard hier soir. Comme toujours les écarts avec le matériau d'origine sautent aux yeux, comme de voir Hutch dans la peau de Ben Mears. Surtout quand une photo de production de Starsky & Hutch s'invite dans le film, brièvement. Ils n'allaient quand même pas payer un photographe juste pour l'occasion dites.
Le portrait de Ben Mears au dos de son livre.
Un portrait de Ken Hutchinson.
Pour en revenir au film, je n'ai jamais bien compris le choix de donner à Barlow le look de Nosferatu. Dans le livre c'est l'alter ego de Dracula, vieux au début de l'histoire et rajeunissant progressivement. J'aurais bien vu Peter Cushing dans le rôle de sa version âgée. C'est comme ça que je l'imaginais en lisant le bouquin.
Un autre détail curieux, le film s'intitule Salem's Lot, et le panneau de la ville indique la même chose, mais le nom exact est Jerusalem's Lot. Est-ce que les producteurs ont voulu éviter toute polémique religieuse avec l'emploi du nom de la ville sainte sur un film de vampires ? Ou bien une ville bien réelle portant ce nom aurait-elle pu intenter un procès pour une vilaine publicité ?
C'est une ville inventé par King (comme Derry et Castle Rock) donc je pense surtout que c'était pour éviter une référence religieuse (une Jerusalem envahi par le mal). A moins que ce soit pour ne pas perdre le spectateur avec le titre du film.
Pour en revenir au film, je n'ai jamais bien compris le choix de donner à Barlow le look de Nosferatu
Ca, c'est un truc qui m'a saute aux yeux quand j'ai revu le film a l'epoque de ma review. A vrai dire, je me rappelais deja que lors de la sortie du livre a l'epoque en Allemagne, l'affiche avec son gigantesque Nosferatu m'avais fait tiquer.
D'apres imdb.com, Salem's Lot date de novembre 1979 (USA), je suppose la date de diffusion. Or, aux USA le 1er octobre 1979, est sorti...Nosferatu, Phantom der Nacht de Herzog avec Kinski. Hasard...?
J'ai aussi cherche le visuel de la premiere impression du bouquin, et ca na RIEN a voir avec le visuel du telefilm...
J'ai donc l'impression que Nosferatu (de Herzog) a "inspire" le telefilm et que...le telefilm a "inspire" les re-editions du bouquin...ou du moins certaines editions etrangeres posterieures au telefilm...
Mais oui, le Nosferatu n'a rien a fiche dans le film...
Je ne sais pas ce qui est le plus risible, entre :
-le bruit de moulinet lorsque le vampire se relève,
-les parents assommés comme dans un Bud Spencer,
-le gamin qui pointe le vampire en disant "I'm going to kill YOU".
-James Mason et son "Back holy man, back shaman", on dirait qu'il l'envoie coucouche panier le curé !
-et le curé lui même qui dit "Run...Run" avec sa bouche sur le côté.
Difficile aussi de s'imaginer que ce Nosferatu grotesque et grognant affublé d'un masque de carnaval soit un maître vampire.
En dehors d'un chien, un livre est le meilleur ami de l'homme. En dedans d'un chien, il fait trop sombre pour lire. - Groucho Marx