Ce courant fut accompagné d'une vague de films d'Heroic fantasy plagiant Conan le Barbare de John Milius.
C'est donc toute une floppée d'oeuvres et oeuvrettes en provenance d'Italie qui deferlèrent alors sur nos écrans pour le meilleur et pour le pire.
Si certains s'en tiraient plutot bien tel D'Amato et son Ator, d'autres frisaient le ridicule comme Thor de Ricci ou Gunan de Prosperi.
Bruno Mattei aidé par son inséparable comparse Claudio Fragasso ne loupa pas le coche et en bon artisan touche à tout qu'il était, il nous concocta ces 7 gladiateurs qui avouons le ne fait partie ni des reussites ni des échecs tant le produit final est d'une totale insipidité.
Le problème avec ce film est que rarement avions nous vu gladiateurs si mous. Si on taira l'indigence du scénario- une banale histoire d'épée magique destinée à tuer un despote que Mattei semble avoir oublié d'approfondir tant l'histoire reste au stade d'ébauche- c'est la paresse de la mise en scéne qui ici frappera d'emblée.
Tout semble tourner au ralenti et nos 7 pauvres gladiateurs semblent avoir été piqué par une mouche tsé-tsé tant leur indolence est stupefiante.
La mise en scéne va de pair et les quelques combats entre quatre figurants perruqués sensés representés l'armée de l'empereur sont d'une exemplaire apathie.
Bien maladroite fut l'idée de donner au monolithique Lou Ferrigno le role principal, Lou qui entre deux maniements d'épée fort peu spectaculaires semble totalement essoufflé et surtout perplexe sous sa jupette blanche, se contentant de faire ce qu'il sait le mieux faire, bouger ses pectoraux huilés.
Il ne se passe rien dans cette histoire de gladiateurs qui se termine comme elle commence sans que le spectateur s'en soit vraiment aperçu.
Il lui reste donc de beaux décors naturels qui font illusion deux minutes, de belles ruines au milieu de la campagne romaine baignée de soleil.
Pour le reste, on se contentera de pauvres décors studio d'une nudité frappante trahissant la maigreur des moyens et une épée magique digne d'un jouet fluorescent de bazar.
Exit cette fois toute forme de violence, Mattei reste desesperemment sage cette fois, aussi sage que le son de la lyre qui sert de partition musicale durant les trois quart du metrage.
Pourtant, Les 7 gladiateurs se laisse regarder, avec ennui certes mais on se surprend à aller jusqu'au bout car comme d'accoutumée on sent le bon vouloir de Mattei, ce coté bon enfant qui fait le charme de ses oeuvres, ce coté recréatif partagé entre sérieux et ludisme.
C'est peut être là le véritable atout du film où hormis Lou Ferrigno on retrouvera le véteran Brad Harris, Carla Ferrigno, épouse tout en bouclettes affreuses et manager de Lou, la pornocrate Francoise Perrot et la Danning en guerrière cuir que, O desespoir pour tous ses fans, Mattei semble un peu trop oubliée, ses scénes se bornant à quelques apparitions lors de combats molassons.
L'année suivante, la surpulmonée créature retrouvera Lou pour le Hercule de Cozzi, autre grosse deception du genre par le n'importe quoi de l'entreprise.
Le corbeau qui adore aller au coeur de l'arene
