Simone Barbes ou la vertu - Marie-Claude Treilhou (1980)

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Superwonderscope
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Simone Barbes ou la vertu - Marie-Claude Treilhou (1980)

Message par Superwonderscope »

Simone (Ingrid Bourgoin) est ouvreuse dans cinema porno du 14e, le Cinevog. Avec sa copine Martine, elles accompagnent les spectateurs dans les 4 salles - en conversant avec eux ou les rembarrant. La fin de la nuit est proche et Simone s'apprête a partir dans le Paris nocturne.

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Une petite perle de film décalé sur le Paris interlope 70's, a ravers le destin d'une ouvreuse a la grande gueule. le filme st articule en 3 sequences a travers la nui parisienne.

Resonance particuliere, car cela m'a rappelé avec clarté mon passé d'ouvreur au Brady en 1988. C'est exactement cela. l'attente entre les spectateurs, le desoeuvrement, les clients réguliers avec qui on parle quelques instants et le monde de la nuit qui defile pour passer le temps. Puis le monde de la nuit, encore ouverte l'autre en general, avec son sens du danger qui rode et des regards complices. A l'époque, je passais devant la Scala et le Paris-Ciné, conversant avec les employés, projectionnistes... C'est exactement ce que j'ai vécu dans le 10e a cette époque. le regard est juste.

La premiere dans le hall du Cinevog. a noter que les 4 films ( Entrez vite vite je mouille, les lécheuses, Barmaids a Jouir...) étaient effectivement projetas dans le cinema. le film a été tourne après la fermeture du cinema, en pleine nuit. A noter que l'un des spectateurs sort des Lecheuses en disant '"j'ai rien compris". et effectivement, les Lechueses est un "film" de Jean Luret, real spécialisé dans le film-montage de morceaux ou chutes abandonnees d'autres productions. Le film ici et un recyclage de films deja recyclés!
Elles discutent parfois avec les clients de la billetterie jusque dans la salle. Ils écoutent les habitués et Simone de lache contre les homophobes et les machistes ; ils rebutent les clients qui donnent de maigres pourboires ou qui, mécontents du film, tentent de se faire rembourser. Ce petit théâtre se déroule sous le « regard » d'une paire d'énormes yeux néon jaunes et blancs, fixés sur les murs moquettés couleur brunasse - un classique dans ces annes la Ces yeux sont l'idée du directeur de la photographie débutant Jean-Yves Escoffier, qui les a suggérés comme une forme d'éclairage d'appoint non artificiel.
Simone apostrophe les clients, leur rentre dedans - mais ne fait pas de pathos. Martine, elle, est plus sobre sur son état de vie. Enteecoupes de scenes curieuses, comme Sonia Saviange a moitié folle dans la rue, ou "le marquis", un spectateur aristocrate qui décortique le film et la carrière des actrices, Noel Simsolo en réalisateur d'un des films qui sort furieux de la projection degueulasse.

A minuit, Simone file dans un club lesbien pour rejoindre sa petite amie Minouche, serveuse. C'est un des rares films qui montre justement ce type de bar/club. On y croise Elli Meideros, deja en mode allumée, ou encore Pascal Bonitzer tout jeune. Un combat bien réglé de deux amazones a coups de lames comme spectacle et un concert de rock du groupe 12°5 - qui ouvrait a l'époque les concerts des Stinky Toys dont la chanteuse était... Elli Medeiros -, et des invites qui naviguent entre la musique hors sol (et musette° du trio du lieu. Des travellings bien agences, éclairages habiles... le récit colle aux persoannges et dynamise le récit.C'est assez drôle et parfois surréaliste. ca m'a fait penser a Halteroflic, par ailleurs.

Lassee d'attendre, Simone part dans la nuit et embarque dans la voiture d'une personne plus sage (Michel Delahaye). Croyant a un dragueur, elle refuse puis finalement monte et prend le volant. Une croisade noctambule dans les rues désertées, a travers la conversation de deux esseulés.

Le film fait partie de ce cycle de film pris sur le vif fin 70/debut 80, avec des cineastes comme Philippe Valois, Paul Vecchiali, Jean-Claude Guiguet, Lionel Soukaz - qui ont clairement pavé le chemin pour des cineastes actuels comme Alain Guiraudie ou celine Sciamma dont on trouve de forts accents dans leurs films recents.

Le film avait essuyé un refus du CNC, puis le financement est venu travers un collectif (Diagonale° compose justement de Vecchiali, Frot-Coutaz, Guiguet..) qui avaient une société de traiteurs, qui finançait leurs films dont le CNC ne voulait pas financer les sujets.

77mn diamétralement opposées a la vague de films chic et visuels qui déferleront sur le cinema français (Diva, Subway, etc) avec eux beaucoup plus de moyens. Et peut être avec beaucoup moins de choses a dire.

51 000 entrees pile poil a sa sortie.

Revu sur Mubi dans une magnifique copie.
Oh really? Well then I'm sure you wouldn't mind giving us a detailed account of exactly how you concocted this miracle glue, would you ?
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