Expo M.C. Escher a Paris

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bluesoul
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Expo M.C. Escher a Paris

Message par bluesoul »

Expo sur un artiste a mon sens on ne peut plus fantastique sinon du moins surrealiste: « M.C. Escher » C'est à la Monnaie de Paris, 11, quai de Conti, Paris 6ᵉ, jusqu’au 1er mars 2026.

Lien vers l'article en question: https://www.lemonde.fr/culture/article ... _3246.html

Pour la posterite:
Spoiler : :

Escher, un « mathémagicien » remis en perspective à la Monnaie de Paris
Maître des jeux d’optique, l’artiste néerlandais, qui fait l’objet de sa première rétrospective en France, fascine les scientifiques.

Par Harry Bellet
Publié hier à 20h00, modifié hier à 22h29

Maurits Cornelis Escher (1898-1972), qui bénéficie de sa première grande exposition en France, à la Monnaie de Paris, où sont réunies plus de 170 œuvres, est un ovni. L’histoire de l’art le néglige : pensez donc, un presque contemporain de Pablo Picasso – lequel, avec le cubisme, fit exploser la vision classique de l’espace – qui consacre sa vie à l’étude de la perspective ! Mais il fascine les scientifiques, notamment les mathématiciens. C’est l’un d’entre eux, Federico Giudiceandrea, qui est commissaire de l’exposition, à laquelle il a souhaité associer Jean-Hubert Martin, ancien directeur du Musée national d’art moderne-Centre Pompidou, histoire de rappeler qu’Escher fut aussi un artiste.

« Il n’a jamais eu une exposition personnelle à Paris, dit Jean-Hubert Martin. Il a fallu quinze ans pour convaincre une institution de l’accepter, c’est quand même sidérant. On a eu des refus systématiques, y compris de la Réunion des musées nationaux. Paradoxalement, je crois que ce qui gêne, c’est qu’il est populaire ! Mais aussi qu’une des règles dogmatiques de la modernité, c’est que désormais la surface, abstraite ou figurative, doit être plane, elle ne joue surtout plus avec la perspective. Ceux qui utilisent la perspective sont des vieux cons. Et lui ne fait que ça. »
Les scientifiques sont apparemment moins bornés. Ce sont les premiers qui l’ont étudié, voire ont contribué à l’évolution de son travail. A commencer par son demi-frère, Bernd Escher, qui était professeur de cristallographie à l’université de Leyde (Pays-Bas). Lorsque Escher lui confie son obsession pour la géométrie des mosaïques de l’Alhambra de Grenade (Espagne) – « il en a fait un relevé presque systématique », dit Jean-Hubert Martin –, celui-ci lui explique qu’elles ont été aussi étudiées dans sa discipline, comme un exemple de « cristaux bidimensionnels ».

« Simple tesselateur »

Dans un même élan, il lui fait découvrir des travaux des mathématiciens Evgraf Fedorov et George Polya, qui, respectivement en 1891 et en 1924, ont démontré que les symétries capables de paver un plan existent en nombre fini, 17 précisément. A la manière d’un oulipien, Escher va faire de cette contrainte un moteur puissant et produire une œuvre fascinante, qui ne ressemble à aucune autre de son époque.

On l’a qualifié de « mathémagicien », même si lui, dans une lettre au mathématicien Harold Scott MacDonald Coxeter, rencontré lors d’un congrès scientifique à Amsterdam en 1954, se disait « simple tesselateur » – une allusion aux tesselles, ces petits pavés qui composent les mosaïques. En géométrie, la tesselisation consiste à remplir un plan avec des figures géométriques qui ne se chevauchent pas ni ne laissent d’espace vide.

Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. Alors que toute sa famille a embrassé des carrières scientifiques (son père est ingénieur hydraulique, profession précieuse aux Pays-Bas), lui est un enfant chétif, souvent malade : ses études s’en ressentent. Il n’excelle qu’en dessin. Il tente, en vain, l’architecture, avant d’opter pour les arts décoratifs, en particulier la gravure, dont il va devenir un maître. Sa formation terminée, il part pour l’Italie durant plusieurs années, jusqu’à s’installer à Rome, de 1923 à 1935.

La première partie de l’exposition montre cette période. Elle est marquée par l’influence de son professeur, enseignant à Haarlem, Samuel Jessurun de Mesquita, dont quelques œuvres sont présentées à la Monnaie de Paris (les deux hommes restèrent proches, jusqu’à la déportation du second par les nazis). Quant à ses gravures, elles sont imprégnées de l’esprit de l’Art nouveau, de la théosophie et du symbolisme.

Une première exposition en 1926 au Palazzo Venezia, à Rome, connaît un beau succès, notamment grâce à une utilisation déjà inhabituelle de la perspective et à des sujets originaux : la tour de Babel est vue de haut, en plongée ; une cathédrale, elle aussi vue en vol d’oiseau, est en partie submergée par les flots ; la statue d’un gisant est chevauchée par une énorme mante religieuse. On n’est pas loin du surréalisme.

Mais ce sont principalement les paysages et l’architecture romaine qui l’inspirent. Avec toujours des cadrages parfois proches des estampes japonaises, comme ce caroubier qui envahit le premier plan d’une représentation de la ville de Ravello. « Son père, dit Jean-Hubert Martin, avait ramené d’un voyage professionnel au Japon un exemplaire de l’estampe la plus célèbre d’Hokusai, La Vague. »

Escher affectionne aussi des points de vue inhabituels. Il voyage une première fois en Espagne, mais c’est lors d’un deuxième séjour, en 1936, qu’il a la révélation de l’Alhambra de Grenade. Il aurait pu devenir un abstrait géométrique, comme ce fut le cas pour d’autres artistes après une telle visite. Il préfère appliquer ses découvertes aux perspectives qu’il affectionne, mais aussi à une variété infinie de jeux entre positif et négatif, comme ces cavaliers, ces chiens ou ces salamandres alternativement noirs et blancs, imbriqués les uns dans les autres comme les pièces d’un puzzle.

Architectures impossibles

Le « mathémagicien » parvient aussi à transformer un poisson en oiseau, dessinant une ville vue de haut puis un échiquier. Ou encore à faire sortir des reptiles d’une feuille de papier, qui vont faire un petit tour sur le bureau, avant de retourner dans leur cahier − vision si proche d’un delirium tremens que l’on se demande ce que contient la bouteille représentée en bas à droite de la lithographie…

Dans un registre à la fois proche et différent, il va pousser la perspective dans ses derniers retranchements. En étudiant par exemple la manière dont celle d’une pièce se réfléchit dans un miroir sphérique, comme cet autoportrait où sa main tient la boule où s’inscrit son visage. Comme l’exposition est conçue de manière plus ludique qu’à l’habitude, un dispositif permet, par le biais d’un écran, de substituer notre tête à la sienne : succès garanti sur les réseaux sociaux. On en dira autant de cette architecture – réelle – étonnante, sauf pour ceux qui ont visité le musée qui lui est consacré à La Haye, où elle existe depuis longtemps. Une pièce où ni le plancher ni le plafond ne sont d’équerre, ce qui fait qu’un visiteur placé d’un côté apparaît beaucoup plus grand que celui debout de l’autre : selfie obligatoire.

Mais la partie la plus connue de son œuvre reste ces architectures impossibles. Des escaliers, hommage au graveur et architecte italien du XVIIIe siècle Piranèse, qui vous font descendre à mesure que vous les montez, et réciproquement. Ce bâtiment où l’eau coule en cascade vers le haut, si tant est que l’on puisse le décrire ainsi : la force de ses gravures, c’est précisément d’être indescriptibles, car la raison dit que ce que l’on voit est impossible. Elles font donc douter de nos sens.

C’est ainsi que les psychologues, autant que les matheux, sont fans d’Escher. Comme, mais pour d’autres raisons, toute une génération de musiciens pop, qui ont utilisé ses trouvailles pour faire des pochettes de disques, tendance planante le plus souvent. Ou les auteurs de bandes dessinées ou de dessins animés : Mickey lui-même et, plus récemment, les Simpson se sont retrouvés dans un cauchemar à la Escher. Le rêve pour un artiste.

« M.C. Escher », à la Monnaie de Paris, 11, quai de Conti, Paris 6ᵉ, jusqu’au 1er mars 2026.
En direct du Japon. Bonsoir. A vous, Cognac-Jay.
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orco
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Re: Expo M.C. Escher a Paris

Message par orco »

J'y vais dès que possible! :)

Sinon, il y a carrément le musée Escher à La Haye.
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