
Liu Chia-liang semble avoir un kink pour les démos et intros explicatives sur fond blanc. Dans Martial Club, on nous édifie sur la danse du lion et ses codes précis lors des rencontres entre écoles d'arts martiaux. C'est aussi l'occasion d'en mettre d'emblée plein la vue avec une très belle maitrise technique de ses acteurs/cascadeurs qui s'amplifie dans la scène suivante, avec sa danse sur une pyramide humaine à 3 étages !
Le film est de toute façon un feu d'artifice de chorégraphies martiales au rendu très agréable. Là où l'ennui et la lassitude peuvent finir par poindre leur nez dans d'autres productions Shaw Brothers, ce n'est jamais le cas ici, Liu Chia-liang faisant toujours preuve d'une inventivité enthousiasmante (le test de solidité des tissus), d'une belle générosité (le chaos du guet-apens du théâtre) ou d'une recherche de défi technique (le duel dans la venelle est splendide). Le casting a bien évidemment sa part dans la réussite visuelle, avec des cadors comme Gordon Liu (dans la peau de Wong Fei-hung), Robert Mak ou Kara Hui.
Le récit est certes balisé (deux potes, dont le sérieux à l'entrainement diffère, se retrouve malmenés par des conflits entre écoles), avec des élans comiques à l'efficacité relative, mais j'aime beaucoup le personnage de Johnny Wang, maître du nord en vadrouille à Canton et qui se retrouve manipulé par les déloyaux tout en tentant de conservant sa probité et son respect des traditions. Et ce côté gang de vauriens bagarreurs et impulsifs qui est donné aux pratiquants d'école de kung-fu casse agréablement l'idéalisation habituelle. Dommage que la conclusion soit si frustrante.
En bonus du BR de Spectrum, Arnaud Lanuque tentant de présenter le film malgré la persécution d'arrière-plan par un balayeur, et beaucoup d'interviews des différents protagonistes (où l'on apprend entre autres que les acteurs découvraient les chorés le jour-même et que Liu Chia-liang a hérité son style Hung-gar en lignée d'enseignement directe du véritable Wong Fei-hung).