Conclusion de la fameuse trilogie Gamera par Shusuke Kaneko, avec une tortue géante qui n'est vraiment plus l'amie des enfants. D'emblée présentée comme une catastrophe naturelle désintéressée du sort des petits mammifères qu'elle piétine ou carbonise (la folie hallucinante de la destruction de Tokyo et ses centaines de morts à l'écran), Gamera atteint enfin sa forme finale d'ambivalence cosmogonique. L'idée de lui opposer une jeune fille traumatisée par la mort de ses parents dans l'effondrement de leur immeuble lors de la précédente bataille urbaine de kaijus est pertinente, la haine de celle-ci alimentant la nouvelle entité renommée Iris.
Gravitent autour de cette émergence monstrueuse de nombreuses factions et leurs débats sur l'attitude à avoir vis-à-vis de Gamera (qui frite quand même des Gyaos pour justifier son hécatombe). Dilemme, dilemme. En face, Iris bénéficie d'un très joli design, dommage que la limitation technique des CGI la desserve un peu trop. A contrario, la tortue géante a une superbe texture qui renforce son aura charismatique. Les FX de l'affrontement dans la gare de Kyoto sont magnifiques, et quelle sauvagerie dans ce duel destructeur !
Une conclusion assumée de jusqu'au-boutisme dans son traitement du rapport de l'humanité aux forces de la nature, sans doute trop rêche pour les producteurs de kaiju eiga qui ne donneront plus une telle liberté créative à Shusuke Kaneko, même quand il sera embauché pour redonner du lustre à Godzilla. Une trilogie fort sympathique, donc, tant dans sa thématique que dans sa réalisation (malgré des limites dans le 1er opus), et dont on comprend qu'elle ait fait date dans ce genre cinématographique.
Le coffret Roboto Films est très bien, la qualité des master est vraiment chouette. Les bonus ont l'air tout aussi sympas (pas encore vus).