
Après avoir recueilli un oeuf auquel elle prête des vertus angéliques, une fillette le conserve sur elle en permanence afin d'assurer la protection de son contenu. Alors qu'elle déambule dans une ville en ruines, elle croise la route d'un garçon qui se dit à la recherche d'un oiseau qui lui est apparu en rêve.
Oeuvre de jeunesse de Mamuro Oshii en collaboration avec Yoshitaka Amano, sortie en salle en restauration 4K (!), l'Oeuf de l'ange tient autant du film d'animation expérimentale que d'une déclaration d'intention artistique dont on se conviendra bien d'attendre un récit clair et structuré. Vagabondage erratique de personnages étranges au milieu d'une apocalypse figée du siècle passé, chargé ras la goule de symbolismes divers (avec une nette appétence pour l'imagerie chrétienne) dans une ambiance au bord du cauchemar se retenant sans cesse d'y tomber franchement, l'expérience a de quoi dérouter le spectateur non préparé.
Ce n'était pas heureusement pas mon cas grâce la présentation éclairée du film, ce qui m'a permis de m'immerger en pleine conscience dans ses parti-pris esthétiques souvent radicaux qui, malgré le côté niche de la production, auront par la suite infusé dans la pop culture japonaise ; j'ai ainsi été sensible à une atmosphère semblable au futur Blame dans la mise en scène de l'errance au milieu de mondes gigantesques et désolés.
Une expérience intéressante et un peu éprouvante qu'il convient de réserver aux amateurs informés.