
Meme si on aime pas les comedies musicales, difficile de resister au charme et a l'énergie communicative du film. Non content d'être assez drôle, il donne une reflexion assez juste sur les travers d'Hollywood, ses fausses representations aux yeux du public, les caprices de stars - beaucoup ont ri jaune sa vision, se croyant visé.e.s -, le tournant du parlant et l'impact sur la creation.
Visuellement, on est a des kilometres au dessus du tout venant. le Technicolor Kalmus est positivement spectaculaire. Je viens de voir le film sur l'UHD 4k Warner et c'est incroyable. Les scenes avec Cyd Charisse et sa tenue verte étincelante, on ne voit plus cela a l'écran. L'avenement du numérique a tué ce rendu et piqué de l'image.
Sans compter l'inventivité visuelle de Stanley Donen (il réitérera le coup avec Arabesque sur les trouvailles dans le cadre), les fondus enchaines, decors en trompe l'oeil, mouvements de camera virevoltants -les utilisations de la dolly sont incroyables.
La joie communicative des numéros musicaux, surtout avec O’Connor, est un véritable enchantement – particulièrement dans « Moses Supposes ». Un orthophoniste pompeux tente d’apprendre à Don à prononcer correctement ses voyelles et ses consonnes ; Cosmo débarque et, bientôt, ils chamboulent tout avec danse + chant et zooment vers la folie.
Le souci du détail et de la diction sont superflus. Les chansons elles-mêmes semblent souvent se détacher de l’histoire de façon surréaliste, ou bien elles en constituent les liens de manière subtile. Dans « Good Morning » (qui célèbre leur conversation nocturne ayant donné naissance au genre de la comédie musicale), Kathy, Cosmo et Don attrapent prophétiquement des imperméables, anticipant le numéro légendaire à venir avec Gene Kelly sous la pluie. Sans compter l'aspect meta de la scene avec Cyd Charisse, oscillant entre film dans le film et la fine ligne entre réalité et fiction dans le fiction. Brillant.
Une petite pensée pour Jean Hagen, régulierement passee sous silence et dont la carrie ne décolla que peu, qui donne a Lina Lamont, l'actrice a la voix de crécelle, un dimension inattendue -porte parole de femmes manipulées par les studios et/ou qui ont disparues des écrans après l'arrivée du parlant. Comme Maria Alba et son accent espagnol qui ne correspondait plus aux canons de 1927, tout comme Vilma Bánky dont la trajectoire ressemble quelque peu a celle de Lina Lamont.
Le film ne fut pas un grand succès a sa sortie, et son caractère unique et de classique - voire de meilleur film de tous les temps - ne vint que bien après. 1 866 822 tickets vendus en France au long de son exploitation.
Le 4K est d'une beauté optimale. Je suis reste bouche bee devant les premieres images, tellement les details, les couleurs, textures de peau sont précis, éclatants a l'écran. Le reste est a l'avenant. Spectaculaire.
