Revisitation sur le Blu Ray Criterion de 2013, et deception.
Lef ilm vaut principalement pour son atmosphere etrange, et l'extreme qualité de sa photographie, ses eclairages savants sur plusieurs niveaux, les jeux d'ombres inquietants sur les plafonds, murs, sols... qui rend, quelque part, la demeure comme vivante.
La premiere partie oscille entre comedie et drame personnel - on sent que Ray Milland joue le tout comme une comedie legere - il sort de gros succes comme les Voyages de Sullivan, et a du mal a s'en departir. Sa soeur demeure un contrepoint interessant dans le ton, mais elle semble parfois perdue dans le ton a donner a ses repliques. Malheureusement, le tandem est peu credible (on y croit un frere et une soeur qui achetent ensemble une maison abandonnee dans les Cornouailles) et c'est la preponderance de Stella dans la deuxieme partie du recit qui dynamise l'ensemble. Et le travail de Charles Lang Jr.
Les seconds roles restent anecdotiques, ou des elements normatifs au recit (comme le médecin qui va ravir le coeur de la soeur) et ne servent a rien.
Ce que je n'avais jamais vraiment realise, et qui m'a saute aux yeux cette fois-ci, les sous entendus lesbiens sont juste enormes. Mme Holloway est une copie quais conforme de Mrs Denvers de rebecca. Et Mme Holloway (Cornelia Otis Skiner) et Mary Meredith sont certes amies tres proches, mais tres probablement amantes.
Et bien evidemment, dans la grande tradition homophobe hollywoodienne du Code Hays, tout est sous entendu, tout est negatif et pointe vers la mort et la folie. (un peu comme La Fille de Dracula dont les oripeaux de Gloria Holden sont aussi repris ici). Et le double sens de la phrase qu'elle lance au portrait de Mary meredith qui trone dans son bureau.
Et ce double sens est la clé pour percer le mystère du moteur dramatique qui regit le film. A la fois de fait de couvrir le secret sur la naissance de Stella (avec quelque chose d'assez inedit pour l'epoque
Pourtant, la déclaration de Miss Holloway à sa « chérie » souligne aussi la nécessité de dissimuler la vérité sur leur relation. Le pouvoir persistant que le fantôme de Mary exerce sur les vivants devient ainsi indissociable de sa sexualité voilée. Le film établit un lien entre l’homosexualité de Mary et le fait qu’elle n’ait jamais vraiment donné naissance, la plaçant ainsi en marge de la vie féminine « normale », et signifiant une forme de rejet de la procréation hétéronormative. Mary et Miss Holloway sont les contre nature, et la vérité doit rester cachée, même après la mort. Un grand classique de la vision homosexuelle sur grand ecran, qui perdurera jusqu'au debut des annees 80.
La fin, par ailleurs, aussi dramatique soit telle, elle asses fouillie et on ne comprend pas tres bien ce qui pousse Stella a vouloir se jeter deux fois de suite du haut de la falaise. Possedee par le fantome? A moitie folle elle se sent obligee de suivre le meme destin qu'elle pense etre celui de sa mere? Autre interpretation? Ce qui reste peu conventionnel, c'est cette fin avec la naissance mysterieuse, hors lien du mariage - sanctuarisee sans etre punie. Cela etait audacieux pour 1945.
Le film demeure toutefois une matrice pour nombre de films de maison hantee, dans la maniere d'organiser le suspense et le pouvoir de l'architecture du lieu (j'ai pense a Poltergeist, entre autres). Evident aue The Ghost and Mrs Muir, de par le meme directeur photo, ait pu s'inspirer de cela -sauf que Joseph L. Manckiewicz a donne un chef d'oeuvre imperissable et que Lewis Allen donne un film honorable, mais longuet et hesitant sur sa nature - ne brillant que par son ambiance etrange.
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