Il est sorti en Blu-ray dans le coffret Critérion regroupant tous les films de toutes les olympiades. Le coffret est assez exceptionnel en volume, et ce film sur les jeux de Grenoble. Reste à mon sens parmi les trois meilleurs de l'ensemble. Parmi le plus personnels, comme Visions of Eight.

Il est assez court: 91 minutes. Et couvre les disciplines alors présentes. À noter que le biathlon qui a aujourd'hui toutes les faveurs des médias, était considéré comme "sport oublié".
C'est co-produit par les films 13, à savoir Claude Lelouch. Donc on retrouve au niveau de la musique Francis Lai qui livre une composition assez étonnante au diapason des images et du rythme imposé par un montage hyper rapide. Le Son est d'ailleurs étonnant puisqu'en parallèle d'une voix off plutôt monocorde et aux commentaires incisifs, parfois ironiques, poétiques et curieusement assez justes.
Contrairement aux films des jeux d'Albertville (un film longuet et penible, voire parfois ridicule), ou même celui plus récent des jeux de paris, il y a une véritable mise en scène. Le réalisateur joue avec son matériau, des angles, de prise de vue assez perchées. De l'utilisation du grand angle, notamment sur les scènes de fartage de ski. Mais également des scènes complètement vertigineuses de caméra fixées à l'avant d'une descente de Bobsleigh, mais également vissé directement sur la piste. deux points de vue : les sportifs et la piste, montes en alternance.
Il fait la même chose avec une descente en luge, ce qui fait ressentir directement au spectateur, l'infernal descente du sportif, les vibrations, les chutes. À ma connaissance, je pense que c'était la première fois que c'était fait. Il y a également le médaillé d'or de slalom, des jeux d'Innsbruck, en 64 qui a accepté de se faire poser une caméra sur les épaules pour effectuer la première descente de reconnaissance du parcours du slalom géant de Grenoble. Là aussi, c'était une première. Et si mes souvenirs sont exacts, c'est ce qui a inspiré au service secret de sa majesté et ses scènes de neige.
Également, difficile de ne pas faire le lien avec l'excellent film de Michael Richie, la descente infernale sortie un an après ou on retrouve nombre de scènes identiques.
Ce sont aussi la mise en avant des sportifs aussi bien connu comme Jean-Claude Killy au Marielle Goitschel, mais la célébration d'Inconnus pour le grand public, à savoir la première victoire d'un méditerranéen sur le 50 km de ski de fond, brisant, les victoires Non-Stop des scandinaves. Cela permet également de voir l'énorme différence en terme de tenue en terme de compétitivité, des techniques utilisées. Un gouffre quand on voit ce qui s'est passé au niveau des jeux, 2026, de Milan cortina.
La notion de suspense également sur les vainqueurs, est totalement différente puisque l'affichage des résultats s'effectuer encore de manière Manuelle. Une caméra qui traque l'effort sur les visages, de très gros plans sur des visages tuméfier, la salive et la sueur solidifiées des skieurs de fond, des ralentis impressionnants sur l'effort, et le côté quasi ballet de précision, des patineurs de vitesse, les chutes surhumaines, des lugeurs ou des skieurs. Ou même de coller un bruitage de tir de carabine sur les skieurs sur la rampe de saut aski qui s'elancent au ralenti dans le vide. Spectaculaire.
Il en résulte un documentaire officiel,certes, mais absolument passionnant, tant sur la forme que sur le fond. Avec des effets de comparaison, assez curieux sur les styles et les techniques des skieurs, par exemple, puisque le film met en parallèle le premier et le deuxième de la descente avec les mêmes plans avec la même musique, t'entends de nous faire comprendre et différence d'approche du sportif par rapport à une seule et même piste.
Étant un ancien skieur et patineur de vitesse, cela m'a doublement passionné. Mais même Le non initié, ou simplement celui intéressé par le récit cinématographique et les efforts de mise en scène, pourra trouver un véritable intérêt au-delà de la performance sportive. C'est un vrai film avec une véritable approche de cinéaste, pas simplement une mise bout-à-bout d'image, il y a un rythme, une progression dramatique, une montée en puissance du suspense. Relayer aussi par ce qui rythme les Jeux olympiques, à savoir les petites gens qui participent de près ou de loin à leur élaboration et leur maintien. Rend hommage aux deux pilotes d'hélicoptère qui se sont écrasés en filant une descente. Mais également les balayeur, les artisans, les spectateurs anonyme ou plus connu.
Le film est en format 1.33:1, dans un grain parfois proéminent, mais ça reste relativement propre. Le film n'a pas été en salle, bizarrement.
Très recommandé.
add on : je viens de me rendre compte que le film est aussi disponible gratuitement sur la chaine youtube du comite olympique. je garde toutefois tres precieusement mon coffret physique.
