A "Man From the Future" arrives at a diner in Los Angeles where he must recruit the precise combination of disgruntled patrons to join him on a one-night quest to save the world from the terminal threat of a rogue artificial intelligence
J'avais adore A Cure for Wellness de Verbinski, je sens que ca pourrait bien etre ma came.
Un film déroutant dans sa construction et son propos mais dont la déception l'emporte. Good Luck... s'avère en effet plus proche d'une anthologie d'idées balancées sans trop de cohérence avec l'intrigue principale, comme si Gore Verbinski avait le souhait initial de faire une série avant de décider de tout fusionner. Le récit est en effet découpé par des séquences flashback du parcours de différents protagonistes, ce qui en dessert finalement la congruité, quitte même à virer à la manipulation scénaristique, tant toute la proposition introductive reposait sur le décalage entre ce voyageur du futur apocalyptique auto-boucleur temporel et notre société... sauf que celle du film n'est déjà plus la nôtre !
Résultat, on ne sait plus trop comment comprendre le ton et le propos de Good luck... qui parait lui-même ne pas choisir entre caricature volontairement exacerbée et autoparodique, et bête critique de boomer sur les écrans, les RS et l'IA. Le film finit ainsi par se prendre les pieds dans lui-même, en étant le simple contenu de divertissement coloré, agité et débilo-prompté qu'il semble vouloir dénoncer, ce qui expliquerait cette impression récurrente de faux-cool vidéoludique et d'absurdité forcée. Et foncièrement, le scénario est troué de partout, confortant ce côté bricolé jeanfoutiste... Reste l'hypothèse que tout ceci soit voulu pour être consciemment à l'image de son propos, ce qui me paraitrait encore plus vain (quelqu'un de bien m'a soufflé "cynique par accident").
Enfin, reconnaissons au film que dans ce fatras, tout n'est pas à jeter, loin de là, le succès revenant en bonne partie à la prestation efficace du casting (et particulièrement l'excellente Haley Lu Richardson). J'ai bien aimé le segment sur le fils mort, certes pas tant original mais dont la mise en scène de la marchandisation des tueries scolaires et du deuil est bien menée et équilibrée (un bon exemple de contraste qui fonctionne entre la mère éplorée et les parents qui s'amusent de la dernière version de leur môme). Et il y a des visuels forts (le gamin qui encode) et des gags réussis (comment il dévale sa montagne, ou certaines réflexions parano du voyageur... qu'on aurait aimé voir plus développées).
Difficile donc d'avoir un avis tranché et d'être certain de ce que Verbinski avait en tête, ce dont résulte un sentiment un peu inconfortable durant le visionnage. La preuve que (selon sa définition), le film n'est pas généré par une IA ?
Des films comme ça, j'en veux tous les mois ; C'est bourré d'idées, ça prend des risques, les acteurs sont tous excellents, il y a du drame, de bons moments de rire, c'est dans l'air du temps et tout ce fatras fonctionne.