La Femme des neiges (Snow Woman) - Tokuzō Tanaka (1968)

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Teurk le Sicaire
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La Femme des neiges (Snow Woman) - Tokuzō Tanaka (1968)

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Deuxième film du coffret Kaidan édité par Roboto Films, et classique du cinéma fantastique japonais des 60's, Snow Woman nous met directement dans le bain glacé des exactions de sa femme-titre alors qu'elle s'en prend à un maître sculpteur et son élève venus marauder un arbre situé sur son territoire enneigé. Mais frappé par la jeunesse et la beauté de l'apprenti, elle décide de lui laisser la vie sauve, à la condition qu'il ne parle jamais de cette rencontre. Une injonction dont on attendra forcément la nécessaire transgression, surtout quand le survivant maudit tombe par la suite amoureux d'une jeune femme prénommée Yuki (neige). Mais le film sait prendre le spectateur à contre-pied en dessinant un récit de romance tragique où la Snow Woman se révèle finalement être plus proche d'une âme en peine que de la tourmentatrice attendue.

Variation de l'impossible amour entre un vivant et un esprit (thème de Botan Doro/La Lanterne Pivoine, présent dans le coffret), dont les intervenants en bonus du BR débattent de la nature de yurei ou de yokai, Snow Woman offre à sa créature un rendu visuel de toute beauté : le maquillage, les iris dorés (lentilles ou effets optiques sur la pellicule ?), la tenue, la gestuelle ; elle est vraiment splendide, bien mise en valeur par la caméra et parfaitement interprétée par Shiho Fujimura. Le rythme du film est dans les standards de son temps, très posé, installant son ambiance par sa langueur, avec un accent sur la vie quotidienne.

Les séquences de rituels shinto avec sa prêtresse au visage si frappant sont néanmoins de belles accélérations et donnent l'occasion de percevoir les souffrances et le dévouement de Yuki. Autre point d'intérêt, plus technique, la restauration est vraiment superbe pour un film de 1968 et permet de profiter de sa magnifique photographie, à la douceur presque crémeuse. Snow Woman propose ainsi une expérience cinématographique plus sage que les délires pop que j'affectionne habituellement, mais clairement recommandable pour tout amateur du genre.
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