La Grazia - Paolo Sorrentino (2025)

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Superwonderscope
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La Grazia - Paolo Sorrentino (2025)

Message par Superwonderscope »

On est pas tres loin du chef d'œuvre. Je tiens là probablement l'un des tous meilleurs films vus cette année.





Sorrentino avait deja filme les excès de Berlusconi (Silvio et les autres) et les affres d'Andreotti (Il Divo), il filme ici un president italien fictif (Toni Servillo, encore imperial) sur la fin de son mandat, au bord de signer ou pas une loi sur l'euthanasie - ravagé par le doute.

C'est un homme modéré et réfléchi, à l'écoute, et il a des doutes. Il peine à se décider. Sa fille, avocate de renom, l'incite à signer « oui ». Le pape lui rend visite pour lui rappeler la position de l'Église. Déchiré par la conscience, il demande du temps pour tenter de répondre à la question cruciale : qui décide de la fin d'une vie ? Coincé par son expérience personnelle et ses divagations, il refuse de prendre une quelconque decision. Meme en observant un cheval a l'agonie qu'il persiste a laisser tel quel. la scene est d'une beauté tres dérangeante.

Spectaculairement et violemment beau a voir - une symétrie aux éclairages d'une beauté fulgurante. le travail incroyable de la directrice de la photographie Daria D'Antonio est un des plus beaux que j'ai vu depuis , allez, 20 ans.

Sans renoncer à aucun ses traits caractéristiques: humour, contrastes, surréalisme - le pape noir avec dreadlocks grises qui part en Scooter, pas mal- qui bascule au fantastique et une bande originale éclectique et parfois foudroyante (le choix d'Il Est Vilaine est osé) –, le cinéaste napolitain livre un film soigné, au scénario incisif. Il est aussi plus profond, plus politique, sombre. On retrouve un peu de Matterella dan sel personnage, pour celles et ceux qui connaissent un peu la politique italienne.

Car, bien sûr, la caricature de personnages qui abusent de leur pouvoir pour servir leurs propres intérêts et manipuler les citoyens est pleine de virulence, mais il y a une critique encore plus lucide : celle d’un homme politique qui prend ses responsabilités au sérieux, qui ne les prend pas à la légère, qui est conscient de l’importance d’une signature. Tout en donnant une image d'une classe politique sourde sauf a la musique qui lui plait - voir le symbole des écouteurs, flagrant.

Et cette critique est d’autant plus mordante que le personnage incarné par Servillo est une exception. Car, hélas, il existe aujourd’hui une frange de la classe politique qui opère en dehors du champ de notions telles que la vérité, la conscience ou le bien commun.

Comme dans La Grande Bellezza (il y a un clin d'oeil d'ailleurs), on retrouve une teinte crépusculaire et une pulsion de mort , dues notamment au rappel constant de l'amour perdu:
Mais si dans la plupart de ses œuvres cette teinte et cette impulsion aboutissent à une grimace pessimiste et désolée, dans La Grazia, paradoxalement, il y a un souffle d'espoir, une ouverture plus claire vers la transcendance.

Un film essentiel. De loin le plus riche en thématiques, en soin de l'image, son et cadre que j'ai vu depuis des années. Enthousiasmant!

Vu leur le Blu Ray Pathé, a la copie superbe, avec la conference de Presse a la Mostra de Venise en supplément.

gros succès en Italie (plus dun million d'entrees), il ne rencontra que peu d'echo en France (131 000 tickets) - encore pire en Espagne ou il passa totalement inaperçu.
Oh really? Well then I'm sure you wouldn't mind giving us a detailed account of exactly how you concocted this miracle glue, would you ?
dario carpenter
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Re: La Grazia - Paolo Sorrentino (2025)

Message par dario carpenter »

Je l'ai vu au ciné à sa sortie il y a quelques mois mais curieusement j'en ai un souvenir un peu flou, je l'ai trouvé plutôt intéressant, comme toujours avec Sorrentino il y a des fulgurances et des trucs plus irritants aussi, mais film plus accessible/incarné cela dit que son précédent "Parthenope". Il faudrait que je le revoie, même si ça doit en perdre un peu sur petit écran.
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