Trois drag queens (Patrick Swayze, Wesley Snipes, John Leguizamo) embarquent pour un roadtrip de New York a Hollywood pur tomber en panne en plein desert redneck.
Copie hollywoodienne aseptisée de Priscilla Queen of the Desert, totalement inoffensive et sage qui tentent de surfer sur la mode alors naissante de la culture drag qui arrivait dans le grand public. On y retrouve d'ailleurs les fondatrices de cette culture underground New-Yorkaise dan de la figuration (RuPaul avec quelques dialogues, mais aussi The Lady Bunny, joey Arias, Miss Coco Peru, Hedda Lettuce, Flotilla DeBarge, Candis Cayne, Miss Understood...). Noyées dans de la saccharine Amblin pour tous.
Ce sont des drags que j'ai vu en spectacle peu de temps avant le tournage, et c'était décidément tout autre chose - C'était Wigstock , le festival, aussi documentaire a ce sujet, ca donne l'idée du gouffre entre Hollywood et la vraie culture drag)
Les trois acteurs principaux peuvent exploiter leur cote féminin mais c'est plat, mou, sans grand rythme, un comble. Si la comparaison avec Priscilla est inévitable, ça n'est définitivement pas a l'avantage de son pendant US.
Le récit est archi conventionnel sur le choc des cultures. Surtout, ce qui fait le sel de la culture drag, a savoir la provocation, la révolte contre l'ordre établi, a été évacué au profit de cris féminins de Wesley Snipes (pas du tout credible mais qui s'amuse beaucoup), Patrick Swayze faisant du Tony Curtis dans Certains l'aiment chaud et John Leguizamo, le meilleur, en voie de Rita Moreno hystérique. Tout ce qui est politique est chaussé de gros sabots et le sexuel est mis sous le tapis (prod Amblin oblige).
Un cameo non crédité au générique: Robin Williams dans le role d'un agent trouble. sa presence et son debit élève subitement le film. Hélas, deux minutes et puis s'en va.
Le film reste timide, previsible, omet toute reference a la sexualité, se vautre dans le sentimentalisme - meme dans le traitement de l'arc narratif de Stockard Channing en femme battue. Quelques scenes font sourire, des moments autres jusqu'a la gene (ou Chris Penn laissé pour mort au bord de la route comme si de rien n'était). Le ton n'est pas juste. J'ai beaucoup de mal a comprendre les critiques positives de l'époque. Aujourd'hui encore, c'est inefficace et trop propret.
Ce qui demeure étonnant : 30 ans après, les réactionnaires de tous poils sont aujourd'hui vent debout contre les drag queens, alors qu'elles ont toujours été là.
le film avait été un échec en France, Universal ne sachant pas comment le lancer: 42 437 entrees. Inversement proportionnel aux USA.
To Wong Foo, Thanks for everything ! Julie Newmar (Vf: Extravagances) - Beeban Kidron (1995)
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