Grand succès de son temps, à raison, car Men in Black conserve encore aujourd'hui son pep's d'antan. Le film est correctement emballé par Sonnenfeld et la team Amblin, utilisant de manière très ludique les fantasmes ufologiques. Plein de bonnes idées (l'entretien d'embauche, les yeux de Jeebs qui merdent à chaque repousse de tête) et un duo Jones/Smith bien équilibré ce qui permet une découverte réjouissante de la réalité multi-galactique cachée de notre monde. Les FX tiennent encore bien la distance, si ce n'est la forme finale de la bestiole en CGI un peu trop lisse : le prince Arquilien a toujours de la gueule et la détérioration progressive du costume de peau d'Edgard est un régal. MIB parvient même à faire vibrer la fascination pour l'immensité cosmique avec le médaillon d'Orion. Un divertissement solide.
Je fais parti des spectateurs peu convaincus par la proposition de Sonnenfeld. Le film ne manque pas d’idées, la meilleure étant celle du flasheur qui permet d’effacer la mémoire des gens. Il y a un super thème de Danny Elfman, un bestiaire inventif, un chouette générique de début en animation, et New-York en guise de terrain de jeu…
Sauf que… la sauce ne prend pas. Les personnages n’existent pas, le scénario va trop vite en besogne et ne laisse pas le temps à l’univers d’être un tant soit peu crédible.
Contrairement à Ghostbusters - dont on peut aisément imaginer qu’il s’agissait ici du modèle à suivre - les comédiens n’ont aucun talent comique, Will Smith fait de son mieux, mais ses pitreries ne feront rire que les plus jeunes. New-York n’est qu’un décor, la ville n’est jamais englobée dans l’histoire (ou à peine). Enfin la mise en scène manque de sérieux (c’est à dire de classicisme) et sonne trop série B à mon goût, avec pour seuls motifs des travellings avant en contre-plongée sur les comédiens mettant leurs lunettes ou armant leurs fusils à pompe futuristes. Tommy Lee Jones nous rejoue le gars blasé imperturbable à l’humour froid, qu’on a vu 20 fois. Un peu chiant.
Le film a pour lui sa courte durée et ses animaux (chats et chiens font parti de la fête). Au final peu de choses à se mettre sous la dent. Visuellement, je retiens le passage au musée Guggenheim (mais expédié et manquant d’idées) et le très beau plan de maquette de la soucoupe s’écrasant près du stade de baseball.
29 ans après (!) que reste-t-il donc de ce Men in black selon moi ? À vrai dire pas beaucoup plus qu’au moment de sa sortie. À croire que le film me flashe systématiquement la mémoire au moment du générique de fin.