Vertigine Bianca (VF: Vertige Blanc) - Giorgio Ferroni (1956)

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Superwonderscope
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Vertigine Bianca (VF: Vertige Blanc) - Giorgio Ferroni (1956)

Message par Superwonderscope »

Le metteur en scene du Moulin des Supplices et de la Nuit des Diables, aidé par le scenariste Giorgio Stegani, auteur du Dollar Troué et co scenariste de Cannibal Holocaust se sont joints pour le film officiel des jeux Olympiques d'Hiver 1956 a Cortina d'Ampezzo. Ou comment marier une ambiance de quasi épouvante et celle de l'effort sportif hivernal.

A noter qu'il s'agit d'un quasi remake d'un film noir et blanc de 1941, tourne egalement par Ferroni, du meme titre, a propos des championnats du monde de ski... en plein fascisme galopant. On retrouve la meme construction, les memes travellings latéraux. Avec croix gammées et autres symboles fascistes. Le film est visible sur le site de l'Instituto Luce.

Image

Choix curieux sur le papier, mais en regardant les 92mn du film, on découvre non pas un simple documentaire relatant les exploits des différents sports, mais un vrai film mis en scène. Le premier film officiel Olympique en couleurs. Et chose inédite, produite par l'Istituto Luce (on va dire l'equivalent transalpin du CNC9 et le CIO.

A noter que sur l'affiche du film sorti uniquement en Italie, il y a le champion autrichien de ski Toni Seiler, veritable star a l'époque - a l'instar d'un Jean Claude Killy 12 ans après.

Cela débute par des plans de nature gelée, a l'aurore de l'hiver. La vie dure des montagnards, bucolique et froide. Et cela vire presque a un film d'epouvante. On se croirait dans les deux films d'horreur de Ferroni. S'y ajoute la musique de Francesco Lavagnino, auteur des musiques des films de SF d'Antonio Margheriti, qui y fait ses gammes mystérieuses a coup de glockenspiel. Pour qui connaît son oeuvre, on est dans les prémices de La morte viene dal pianeta Aytin.
Ombres menaçantes, lune nimbée de nuages, regards inquiets des enfants, dit enveloppant un village éloigné de tout... on s'attend a l'arrivée d'une sorcière, ou d'une creature. jusqu'a l'arrivée de la neige libératrice. C'est tres étonnant, magnifiquement photographié et l'ambiance prenante.

Ensuite, en conceptualisant, le film retrace l'ouverture des Jeux (on est a des années lumière de ce qui se fait aujourd'hui en terme de spectacle) , plus en phase avec le respect des règles du sport et des sportifs que de plaire au grand public.
Pour tenter de se dégager du reportage sportif, qui n'existait pratiquement pas en direct a l'époque, Ferroni opte pour un montage alterne de deux sports, deux ambiances, deux suspenses - et deux types de musique radicalement différents. Le contraste est saisissant. En alternant le slalom dames et la 10km patinage de vitesse hommes, le réalisateur obtient un tempo différent, et on se prend a porter un regard attentif non plus sur le résultat mais sur la manière dont le tout est tourne, et l'effort des sportifs. A noter qu'a leur habitude, les italiens n'ont pas fait de prise de son directe. tout a été bruité a posteriori et c'est une voix off qui commente les courses , mais se taisant pendant les moments de retour de l'image et du montage qui prennent le pouvoir.

D'autant qu'un tres beau soin a été porte sur le cadre (1.33:1), la photographie, la lumière. Ferroni emploie égalent des travellings latéraux assez spectaculaire sur le fondeurs lors du 50km et du relais femmes, tout en maintenant son principe de montage alterne.
La violence du match de hockey -deja, a l'epoque- contraste avec les patineurs. Stylistiquement parlant, c'est intelligent et dynamise l'intérêt du film. Ferroni emploie egalement des moments de calme, avec les scenes dans l'atelier du fabricant de bobsleigh qui est de Cortina, des travellings lents avant sur le matériel, le tout en clair obscur. egalement sur le quotidien des sportifs - on sent toutefois le manque de naturel et de pris sur le vif (comme sur le film des jeux de Grenoble), car la misogynie repart de plus belle en appuyant le fait que les sportives reprennent leurs habitudes entre les courses, a savoir se faire belle pour le soir, tricotant et regardant des magazines de mode. Pour ensuite reprendre sur des images qui laissent pantois. Comme le bobsleigh et le quasi accident au ralenti, qui montrent le danger et les matériaux rudimentaires ou la sécurité était presque absente. Je pense par ailleurs qu'il s'agit d'une des toutes premières fois ou une camera acte montre devant un bobsleigh ou sur des skis pendant une descente.

Un appui particulier sur la descente hommes, avec chutes spectaculaires pendant le Schuss entre les rochers de la piste de la Tofana dans des conditions éprouvantes. Froid, vent et seuls 47 des 75 skieurs ont terminé. Le tout sans protection pour les skieurs pour empêcher de percuter les arbres, pas de casque... a l'ancienne, a la dure, avec les consequences attendues suite aux accidents qui font tres mal.
Le final du saut a ski est spectaculaire a souhait, la aussi du au montage spécifique et accorde avec la musique qui donne une sorte de feu d'artifice de sauts sous toutes les coutures.

Il sera habile de voir l'evolution des styles des sportif depuis 70 ans, sur tous les sports, et que ces jeux la étaient domine par non pas des physqiues taillés ou de la strategie, mais une conception plus conforme du sport simple et direct de l'effort (et, bon, on le sait maintenant, dopé pour les athlètes de l'ex bloc de l'est).

Une belle découverte sur le Blu Ray de chez Criterion de la Box des films des JO: le film est visible sur le site du CIO.
La copie est absolument splendide, malgre quelques plans flous ici et la. Couleurs vibrantes, definition superbe - qui tranche avec le grain du film des jeux de Grenoble)

A noter aussi : le stade Olympique de 1956 a été réutilisé et reimaginé pour les jeux de cet hiver 2026.Toni Seiler, le multi médaillé, est toujours dans l'imaginaire local. Son image est présente dans la ville, et les livres sur les jeux de 1956 qui sont toujours en vente dans la ville. J'y étais il y a peu. et c'est saisissant.


Film annonce de la restauration sur le canal olympique

https://www.olympics.com/en/video/corti ... te-vertigo
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Re: Vertigine Bianca (VF: Vertige Blanc) - Giorgio Ferroni (1956)

Message par bluesoul »

Tout est dans le regard du spectateur / bisseur. Mais quand on regarde l'affiche on a (objectivement):
- un personnage debout de biais
- 2 skis...uniques qui traverse l'affiche sans etre lies a quoi que ce soit (et surtout pas a un skieur)

Ma premiere impression a ete que de la main droite (en arriere) et de la main gauche (a l'avant), le protagoniste semble manier des sabres ou machetes(!) en position soit defensive, soit a l'attaque, donnant un cote mechamment "bis" a ce qui est un film de JO... :lol:
En direct du Japon. Bonsoir. A vous, Cognac-Jay.
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Superwonderscope
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Re: Vertigine Bianca (VF: Vertige Blanc) - Giorgio Ferroni (1956)

Message par Superwonderscope »

j'avoue ne pas bien comprendre le sens du message?

Pour contextualiser, cette 'affiche était typique du style des locandine italiennes des années 50. Ca ne me choque pas du tout, et cela parlait de toute façon aux spectateurs, habitués a ces effets picturaux (ca ressemble soit a du Luigi Martinati ou Anselmo Ballester). Il n'y a rien de bis ici, bien au contraire.

Ce fut d'ailleurs cette affiche qui a été reprise pour la sortie en DVD du film il y a 10 ans en Italie. Criterion a opte pour un choix correspondant plus à l'image validée par le CIO.

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Re: Vertigine Bianca (VF: Vertige Blanc) - Giorgio Ferroni (1956)

Message par bluesoul »

Une question d'epoque et de references, je dirais.

Ma premiere reaction (encore maintenant) quand j'ouvre le thread et vois l'affiche italienne est de visualiser l'affiche comme dans ces liens.

https://www.facebook.com/photo/?fbid=10 ... 3684698627
https://kungfukingdom.com/top-10-samura ... rd-fights/
ou la 11eme photos ci-dessous.
https://blasters4masters.com/product/su ... vengeance/

Essentiellement, un protagoniste positionne en biais avec (apparemment) une arme blanche allongee en arriere et une en avant, genre katanas, sabres, machetes ou un truc du genre. Bref, le mec est pret a en decoudre et l'affiche me vend de l'action, du bis.

Le truc qui me derange tres vite est que l'affiche est cadree de facon a ce qu'on ne voit pas les main tenir les armes. Bizarre... je me dis.

Apres quelques seconds, je vois les anneaux olympiques, mais les deux jeux d'anneaux sont incomplets. Bizarre...(decidemment) Une histoire de baroudeur qui va en decoudre pendant les J.O. ou un truc du genre?, je me dis...

Je lis le titre. Je ne parle pas l'italien, mais "Vertigine Bianca", que je comprends vaguement comme "Vertige blanc". Hum...

Les pieces commencent a se mettre en place dans mon esprit: Anneaux olympiques + "Vertige blanc" =...euh, J.O. d'hiver??

Et LA, enfin, le declic. Les "armes" ressemblent a...des skis??

Sauf que LA, les problemes fusent. J'y connais que dalles en matieres de sports hivernaux, mais pour autant que je sache:
- les skis vont par 2 (en pair, quoi),
- le ski se pratique de facon parallele
- un skieur est cense chausser les skis et se tenir debout dessus.

L'affiche, c'est 2 skis a l'unite qui zebre l'image comme si on les avaient lance comme des javelots vers le protagonistes qui les evite (d'ou sa position en biais??). Les skis sont envoyes dans l'image au petit bonheur la chance et pas de skieur en vue. Conclusion: deux skieurs unijambistes invisibles? :mrgreen:

Desole, j'aime bien les affiches vintages, mais celle-la est completement a l'ouest. :lol: Elle est vintage, elle me plait, mais le message/film qu'elle vend est totalement different du film projeete dans la salle.

En 1956, en Italie, mon cine de quartier affiche cette image, je pense "action/aventure/etc" voire meme
Ou comment marier une ambiance de quasi épouvante et celle de l'effort sportif hivernal.
pour ne pas dire un slasher pendant des J.O. d'hiver???, je rentre et paie ma place. Le film commence, tres vite, je dechante et ressort, demandant le remboursement de mon ticket au passage.

Affiche jolie, vintage, mais completement ratee, limite mensongere a mon humble avis.

Ajout: a mon sens, si on remplace les skis par des batons de hockey, l'affiche est totalement recyclable pour Sudden Death (1995) avec Van Damme...
En direct du Japon. Bonsoir. A vous, Cognac-Jay.
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