
La dernière comédie de Nicolas et Bruno donne toute sa place à la performance de Laurent Laffite en homme jaloux de lui-même, dans un dispositif de voisin sosie déclenchant une obsession morbide du personnage principal. On pourrait interpréter cet écrasement narcissique par une version idéalisée de soi-même (qu'il est le seul à percevoir) comme une forme de dépression compliquée d'éléments délirants persécutifs dans une variante du syndrome de Capgras (conviction qu'un ou plusieurs proches ont été remplacés par des sosies). Bon, le film se veut plus une farce qu'un pensum psychologique et il nous amusera surtout des tentatives désespérées de sa victime à prouver sa conviction de duplication et à la faire chuter de son piédestal.
Les réalisateurs jouent beaucoup du miroir légèrement déformé (les prénoms, les éléments de déco, le taf) et aiment toujours autant maintenir haut la flamme de la COGIP dans leurs œuvres, mais ils peinent à se sortir d'une certaine redondance de leur concept ; il faut attendre le dernier quart d'heure pour que tout parte enfin en sucette dans un nawak marrant bien qu'un peu eau de boudin. Alter ego est donc à voir comme une proposition humoristique sympatoche requérant d'apprécier Laurent Laffite, sans trop en attendre non plus.