
Série de 4 OAV formant un récit complet au sein de l'univers Macross (dont je ne suis pas familier) : l'armée réalise des essais de deux nouveaux prototypes de vaisseaux/robots afin de retenir le modèle le plus performant, et elle en confie le pilotage à deux experts à la méthode diamétralement opposée et à l'ex-amitié contrariée par un passif de triangle amoureux dont on découvrira progressivement les enjeux. Qu'est-ce qui pourrait mal se passer ? Surtout quand en parallèle de cela, la troisième larrone de ce récit prête sa voix et sa psyché à une idole virtuelle ultrapopulaire dont l'autonomisation sentiente totale est sur le point de se produire...
Macross Plus impose d'emblée la virtuosité de son animation avec une séquence de combat spatial qui file à toute berzingue, mais frappe tout autant par la beauté sophistiquée de sa réalisation dans la construction de plans recherchés, surtout pour la 2D à la main (avec emploi ponctuel d'une 3D débutante et forcément datée, même si elle se tient encore). Attention tout de même à ne pas s’attendre à un pur actioner, l'intrigue laissant une large place à la psychologie névrosée de ses personnages, aux relations complexes qui les unissent, à leur passé commun et aux rancœurs qui en découlent. La plus grande difficulté à surmonter est l'antipathie que leurs attitudes peuvent générer (le Maverick en particulier), même si tout finit par s'inscrire dans un schéma sensé.
Il est intéressant de voir comment la SF et ses interface humains-machines servent la réalisation inconsciente des fantasmes, que ce soit dans des affrontements homériques de robots ou dans l'expression masquée des tourments amoureux. Le scénario accorde par ailleurs une place majeure à la musique et au chant, donnant lieu à une séquence de concert de l'idole/IA, vraiment puissante et mémorable visuellement. On passera sur l'amusante chanson en pseudo-français.
Et quel finish ébouriffant lorsque toutes les croisées se rejoignent dans un affrontement épique aux ambitions cinématographiques qui font totalement oublier la nature d'OAV. De la très belle œuvre, assurément.
Les OAV ont été remontés en un seul long-métrage, avec des différences en plus et en moins.
