Mouais, avis plutôt mitigé pour moi, lorgnant même plus vers le négatif.
la critique que j'ai faite pour Horreur.com :
La carrière de Fred Dekker en tant que réalisateur n’aura durée que 9 ans, avec seulement trois films et un épisode de la série "Les Contes de la Crypte" à son actif. Il réalise son premier film en 86 avec justement "La Nuit des Sangsues", puis ce sera le sympathique "Monster Club" l’année suivante. En 93, Dekker commettra l’improbable "Robocop 3", le plus mauvais segment de la trilogie du flic d’acier. Depuis, quasiment plus rien, à part une petite participation en tant que scénariste en 2001 et 2002 sur la série télé "Star Trek Enterprise".
Je ne connais pas personnellement Fred Dekker, mai on peut penser que c’est un fan des films d’horreurs à la vision de son premier film. Pourquoi ? Simple, il suffit de lire les noms des personnages principaux peuplant "La Nuit des Sangsues". Dans l’ordre : Chris ROMERO, J.c. HOOPER, Détective Ray CAMERON, Cynthia CRONENBERG, Détective LANDIS, Sergent RAIMI. Ces noms vous disent bien quelque chose, rassurez-moi ? Autant affirmer de suite qu’il s’agit certainement d’un petit hommage mûrement réfléchi de la part de Dekker aux réalisateurs cultes qui ont dû bercer ses visions cinéphiliques.
"La Nuit des Sangsues" est un pur produit estampillé "film de teenagers 80’s". Campus universitaire, adolescents timides qui vont devenir les héros, macho sortant avec la belle de service qui préférera à la fin l’adolescent timide (et qui va donc devenir le héros, je vais pas le répéter à chaque fois hein…), quelques rapides plans "nichons", de l’humour au ras des pâquerettes, un flic un tantinet alcoolique, ne s’étant pas remis du drame qu’il a vécu jadis en découvrant son ex-fiancée découpée à la hache, des personnages stéréotypés, des fringues bien rétros, et des effets spéciaux lorgnant vers le gore plutôt réussis. Bref, du déjà-vu, et revu, et revu.
Le film démarre plutôt bien et risque de vous surprendre. On se retrouve d’emblée dans un vaisseau spatial et on assiste à la fuite d’une petite créature assez amusante, prise en chasse par deux autres créatures similaires qui lui tirent dessus avec un fusil laser. La créature porte un container qui est apparemment le résultat d’expériences scientifiques et parvient à l’expédier hors du vaisseau. Une entrée en matière originale de part le look des créatures extraterrestres. On continuera à se laisser surprendre puisque les scènes suivantes sont filmées dans un très beau noir et blanc. Nous sommes en 1959 (encore un clin d’œil puisque c’est l’année de naissance du réalisateur) et on assiste au crash du container provenant de l’espace, que deux jeunes tourtereaux vont s’empresser d’aller chercher. Le réalisateur inclut alors une histoire de psychopathe à la hache échappé d’un asile tout en nous présentant l’intérieur du container : des limaces extraterrestres qui s’engouffrent dans la bouche d’un jeune homme.
Brusque changement d’époque, l’image passe à la couleur et on est cette fois dans un campus universitaire. Et là, les effets de surprise du début s’envolent pour laisser place à un banal "teenage movie" sauce extraterrestre et zombie.
Et c’est bien dommage car ça démarrait bien pourtant. Mais force est de reconnaître que la suite du film est d’une banalité affligeante, même si elle se laisse suivre agréablement. Agréablement peut-être, mais on ne ressent absolument rien devant les images. On se contente de suivre le déroulement de l’histoire, en attendant qu’il se passe quelque chose sur l’écran. Et c’est long, très long. Y’a bien quelques petits effets sanglants par-ci, par-là, mais il faudra quand même attendre le dernier quart d’heure pour que ça bouge un peu plus. Entre-temps, on a droit à tous les clichés de base habituellement présents dans ce genre de production mettant en scène des adolescents sur un campus universitaire. Ok, l’actrice principale qui joue Cynthia est assez charmante, et nous dévoile gentiment ses charmes lors d’un changement de fringues pour une nuisette, mais pour le reste, avec le copain du timide, qui lui, ne l’est pas, et qui tente vaille que vaille de brancher son pote avec Cynthia justement, en sortant des vannes à deux francs qui ne font sourire que lui, avec l’équipe de bœufs organisant le bizutage de nos deux compagnons, avec l’apparition du flic, joué par Tom Atkins, visage bien connu des foules ("fog", "new-york 1997", "halloween 3", "maniac cop"…), ben c’est le calme plat sur nos visages.
L’intérêt du film se situe bien sûr dans les apparitions des sangsues, qui ressemblent plus à des limaces mais bon…
Enfin, je devrais plutôt dire que l’intérêt se situe quand les sangsues contaminent un humain, parce qu’en fait, voir les sangsues avancer à 100 km/h sur le sol, ça n’a rien d’extraordinaire en soi. Une fois contaminés, les individus deviennent des espèces de zombies aux yeux livides, qui crachent des sangsues par la bouche en un jet ultra puissant et rapide, afin qu’elles se logent directement dans la gorge de la prochaine victime. Arrivées à maturation, les sangsues sortent du crâne des victimes et vont se répandre ailleurs, ce qui nous vaut de jolies explosions de têtes, plutôt bien réalisées et assez sanglantes. Lors du final, l’action prend le dessus et le film devient assez jubilatoire, les contaminés devenant de plus en plus nombreux. On retiendra également un chat et un chien zombifiés, très rigolos.
Malgré ce dernier quart d’heure bien sympa, on reste sur une impression mitigée, lorgnant plus vers la déception que vers l’admiration. En fait, "La Nuit des Sangsues" est une grosse comédie adolescente avec quelques éléments horrifiques. Certaines sont vraiment sympas à regarder (je me suis bien marré avec "la main qui tue" par exemple, et pas seulement parce que y’a Jessica Alba hein…) mais là, on reste trop dans le banal, le classique. Tout est prévisible, on sait exactement ce qui va se passer avant même que ça n’apparaisse à l’écran. Reste de bons FX mais pour ce qui est du film lui-même, aussitôt vu, aussitôt oublié. A réserver aux tous jeunes débutants dans le cinéma d’horreur. Et aux tous jeunes tout court, à qui le film plaira certainement plus qu'aux spectateurs ayant dépassés la trentaine...
