Destins croisés de différents personnages évoluant dans les milieux des paris du championnat universitaire de basket-ball ...

Mark Rydell, auteur de plusieurs films très sympathiques dans les années 60 et 70 (Reivers, The Cow-boys, Cinderella liberty), n’avait plus rien tourné pour le cinéma depuis 1994 et son peu convaincant remake des Choses de la vie, Intersection, rattrapant néanmoins cet impair en signant deux ans plus tard sur le câble un percutant plaidoyer pour la réhabilitation de Richard Hauptmann, condamné et exécuté en 1934 pour le kidnapping et meurtre du fils de Charles Lindberg.
Ce discret come back cinématographique est une jolie réussite. Sur une intrigue kaléidoscopique forte, presque un peu trop riche même, tournant autour du thème de l’addiction au jeu, Rydell signe une œuvre souvent passionnante, naviguant entre le film noir contemporain, l’étude de caractère et le drame familial. Sa réalisation est élégante et méticuleuse, unifiant son sujet dans un style visuel glacé et un rythme plutôt posé, d’une autre époque – celle du cinéma US des seventies – au sein duquel prime l’attention portée aux personnages.
Le film s’essouffle un poil au bout d’une heure, menaçant alors de sombrer dans le mélo moralisateur, avant de se ressaisir progressivement pour finalement nous balancer un dernier quart d’heure bien tendu et une conclusion sombre et immorale assez bien vue.
La distribution est indéniablement l’une des grandes forces du film. Certains sont mieux servis que d’autre, comme Danny De Vito dans un rôle touchant de magicien raté ou Kim Basinger, plutôt correcte, en romancière joueuse à la dérive. Les moins chanceux héritent quant à eux de personnages un peu plus stéréotypés comme Tim Roth dans un énième rôle de méchant suave ou de personnages légèrement sacrifié, comme c'est le cas pour Jay Mohr, Carla Gugino et Grant sullivan. Mais dans l’ensemble tout ce beau monde (dont Mark Rydell, dans une courte apparition à la toute fin) contribue à la réussite du film, épousant impeccablement la sobriété et la précision de son style.
Sur le même sujet, on n’atteint sans doute pas la profondeur d’un film aussi vertigineux que Le Flambeur de Karel Reisz, l’opus de Mark Rydell manquant un peu de fièvre, voire de folie, pour vraiment nous faire ressentir cette obsession du jeu qui ronge parieurs et autres accros aux machines à sous, mais ça reste du solide ouvrage qui me semble compter parmi les réussites de son réalisateur.