A Gathering of eagles / Le téléphone rouge - Delbert Mann (1963)

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manuma
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A Gathering of eagles / Le téléphone rouge - Delbert Mann (1963)

Message par manuma »

Colonel de l'Air Force, Jim Caldwell est nouvellement promu responsable du service de défense aérienne américain et il a bien l'intention de remettre de l'ordre à l'intérieur de la base, qui a été mal notée lors de la précédente inspection.

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Pur produit cinématographique de l’ère post-crise des missiles de Cuba, A Gathering of eagles est un petit mélo militaire patriotique à voir en complément des nettement plus ambitieux Docteur Folamour, Fail-safe et 7 days in May (qui lui empruntera d'ailleurs le compositeur Jerry Goldsmith). Le film est signé par l’homme de télévision Delbert Mann, réalisateur de nombreux téléfilms de prestige dans les années 70 et 80 (Jane Eyre, A l’ouest rien de nouveau, Patton : les derniers jours, suite tardive du Schaffner), dont l’essentiel de l’activité pour le grand écran demeure concentré sur la décennie 60. On retrouve au sein d’une distribution majoritairement masculine 2 beaux gosses de l’époque, Rock Hudson et l’australien Rod Taylor et, côté seconds rôles, quelques visages bien connus des amateurs de bis en les personnes de Kevin McCarthy, Henry Silva et Barry Sullivan. A signaler enfin l’apparition furtive, non-créditée au générique, de Louise Fletcher (la femme du soldat hospitalisé pendant l’ARI, à la fin du film).

A Gathering of eagles nous convie donc à suivre la prise de fonction et les premiers mois de service du Colonel Jim Caldwell à la tête d’une unité de B52 rattachée à une base de lancement de missiles nucléaires (si j’ai bien tout capté). L’occasion pour le scénariste Robert Pirosh de nous faire visiter la Beale Air force base de Californie et de nous décrire la vie au quotidien des hommes et femmes qui y travaillent (tout le monde étant chaudement remerciés au générique de fin). Avec derrière tout ça l’objectif à peine masqué de nous rassurer sur l’efficacité de la force de frappe US dans le domaine la riposte atomique. Il flotte donc comme un parfum de prétexte sur ce scénario aux personnages et situations dramatiques extrêmement convenus, artificiellement gonflée par une séquence « panique en plein ciel » à mi-film et un petit suspense lié à l’attente d’une inspection générale par les hautes autorités militaires, laquelle pourrait bien coûter sa place à Caldwell si l’exercice de simulation qu’elle induit ne se déroulait pas comme prévu.

Reste que pour un petit film de propagande qui n’a rien de très pertinent à raconter et manque parfois singulièrement de finesse dans la démarche (voir cette scène ridicule où Caldwell use d’une technique de sioux particulièrement infantile pour remotiver un ex-pote ayant perdu le goût de vivre après que notre héros l’ait fait viré du service pour alcoolisme), A Gathering of eagles se laisse tout de même assez bien regarder. L’interprétation est solide, le rythme correct et – sans conteste l’intérêt principal de ce spectacle – les séquences aériennes s’avèrent tout à fait à la hauteur des ambitions du film, avec des effets visuels de qualité, une majorité de plans aériens non truqués et l’implication directe des acteurs principaux dans la plupart des scènes au sol impliquant les fameux B52. Autant d’éléments qui donnent à l’ensemble un aspect plutôt spectaculaire pour l’époque. Notons ici que toutes ces séquences sont très certainement plus l’œuvre des 2 réalisateurs de seconde équipe du film (Robert D. Webb et Paul Mantz, pilote cascadeur et figure mythique de l’aviation US du vingtième siècle) que celle de Delbert Mann.

Diffusé en ce moment sur TCM en VM dans une copie tout à fait décente. Titre français : Le téléphone rouge (il s'agit en fait du téléphone de travail de Caldwell, dont il ne doit jamais s’éloigner lorsqu’il est chez lui).
manuma
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Re: A Gathering of eagles - Delbert Mann (1963)

Message par manuma »

Juste pour signaler que le score de ce Téléphone rouge vient sortir en édition limitée chez Varese Sarabande. Je n'ai pas souvenir d'une partition mémorable, mais on va tenter quand même l'achat ...


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Superwonderscope
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Re: A Gathering of eagles - Delbert Mann (1963)

Message par Superwonderscope »

Le film etait un projet specifique pour le producteur et scenariste Sy Bartlett, qui etait colonel de reserve dans l'armee de l'air - s'adjoignant les services de Delbert mann, un veteran de l'armee de l'air dans les B 52. Qui. d'ailleurs n'a rien fait pour les sequences en vol, l'oeuvre de la seconde equip et du directeur photo aerien specialise, comme le precisait le premier post.

Cela apparait un clair film de propagande pour l'armee (plus precisement le Strategic Air Command, comme une sorte de fausse suite / Redux / mise a jour du film eponyme avec james Stewart en 1955), en pleine guerre froide, qui a mis au service du film une base aerienne et les possibilites de filmer les B 52 en action. Un bon film tendance masculiniste 60's avec des femmes releguees au rang de trophee, qui subissent et bien, qui ne comprennent rien aux enjeux bien plus importants aue leurs martinis , les soirees ballets russes et les oeufs brouillés.

Il y a deux parties bien distinctes : les demonstrations aeriennes avec de splendides scenes en plein vol. C'est splendide, et tres dommage que ce fut tourne en 1.85:1. Spectaculaire, avec de splans de camera audacieux en decollage, atterrissage et le dernier quart avec la simulation d'exercice nucleaire qui tient un bons suspense. La tension plapable, la pression mise sur les hommes : Tres solide.
Pas de miniatures, par souci de realisme. Tres bon choix visuel, ca se ressent.
Il faut voir le plan ou Rod Taylor et Rock Hudson chronometrent l'ecart des decollages de chaque appareil sur la piste. pas de transparences:ils sont sur la piste et se prennent tout dans la gueule pendant deux minutes, avec deux cameras et deux points de vue differents. Il faut aussi pointer le travail splendide d.Albert Whitlock sur les quelques mattes paintings (dont la base de nuit qui s'illumine, c'est bluffant) tout comme le plan final avec les missies nucléaires érigés.

Malheureusement, l'argument melodramatique est ridicule. Rock Hudson fait le job en colonel plus vrai que nature (il a aussi effectue des entrainements en vol dans des B 52 pour ce faire), qui se met tout le monde a dos "pour le bien de la nation". La scene de sauna ou il tente de tirer les vers du nez a Robert lansong est assez hors sol. Il ya meme une chanson de commande a la gloire du SAC, chantonnee par Taylor avec prise de son directe, se souvient-il..
Les facheries sont platement filmees et la direction d'actrices laisse franchement a desirer. Mary Peach (femme de Jimmy Samgster...) dans le role de la femme d'Hudson est mauvaise comme c'est pas permis. elle joue atrocement mal dès la premiere scene: cringe. les autres ne sont guere plus gatees, de toute facon, le scenario les laisse de côté. On voit une toute jeune Louise Fletcher le temps de deux repliques.

Les affrontements masculins sont tout aussi artificiels et demonstratifs, tenant maladroitement d'accomoder un recit commandé et balisé d'avance. Pauvre Rod Taylor qui joue les utilites de sidekick - on voit toute la difference la meme annee avec son travail sur Les Oiseaux d'Hitchcock.

1h55 qui se laissent voir ceci dit, mais c'est franchement vieillot comme cinema, misogyne (Hudson parle de sa femme comme "sa propriété") et se finit content de lui. Heureusement que les scenes de vol sont là.

Le film fut un echec partout a sa sortie, et en France, sous le titre Le Telephone Rouge, ne fit que 391 412 entrees. Cela sonna quelque peu le debut de la fin des gros succes d'Hudson qui enchaina des semi-echecs jusqu'a partir du serail cinema hollywoodien, surtout apres les flops de Seconds, Destination Zebra Station Polaire, les Hommes de l'Ouest ou encore Darling Lili.

NB: le titre anglais d'origine fait reference aux decollages des avions, etant des aigles.

NB 2: le generique Universal s'ouvre avec la musique de jerry Goldsmith, dont le theme sera repris pour le logo CIC (Cinema International Corporation) qui distribua les films Universal et Paramount dans les annees 70.

Je mets la scene du chronometrage. Youtube degueulasse mais ca donne une idee.

Oh really? Well then I'm sure you wouldn't mind giving us a detailed account of exactly how you concocted this miracle glue, would you ?
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