La Faute à Fidel - Julie Gavras (2006)

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Superwonderscope
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La Faute à Fidel - Julie Gavras (2006)

Message par Superwonderscope »

1970. La jeune Anna voit son quotidien bourgeois changer au retour de ses parents (Julie Depardieu - Stefano Accorsi) du Chili. Son père d"origine espagnol s'engage politiquement pour Allende et sa mère journaliste, finit par rejoindre le manifeste de 343 salopes. Au grand dam des grands parents, archétypes des gaullistes des années 60.

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Adapté librement du bouquin de Domitillia Calamai, Julie Gavras (fille de... - NB : j'ai toujours eu un à priori sur les fille de/femme de/fils de) donne un film amusé et vu à travers les yeux d'Anna, le récit prenant fait et corps des yeux et des oreilles de l'enfant.

Bouleversement d'une vie tranquille, avec gouvernante à demeure, jardin et grande demuere, sa vision élitiste et bourgeoise se voit bousculée avec des engaments politiques, des manifs, des réunions de militants, de visite à des centres pour jeunes avortées... et des crises que cela génère. Anna refuse catégoriquement le changement, et ne comprend pas le peu que ses parents tentent de lui inculquer/expliquer.

Des parents qui oublient en route leurs enfants, ne distillant que des explications qui sont comprises au pied de la lettre par Anna. Ce qui provoque pas mal incompréhensions, surtout dans son école privée religieuse.

C'est là où le film réussit le plus : montrer les limites de ces engagements et les paradoxes que les parents tentent de faire passer sous le tapis. Rupture d'un monde, et des espérances pour des gamins qui voyaient leur vie tranquille comme seul raison d'être. La petite Anna (Nina Kerviel) est une petite perle dans le registre peste qu'on a envie de gifler, jusqu'à ce que le film ne montre petit à petit que son refus est du au seul fait qu'on ne lu ait pas expliqué ce qu'il se passait - ou peut etyre mal.

Mélange de comédie et de drame familial, La faute à Fidel est bien vu, joliment rythmé, doté d'un Scope un peu inutile à mon sens.Mais qui fait preuve d'un point de vue solide - ne seperdant pas en conjectures des autres points de vue, justement. Le final est un peu lourdingue (Anna qui découvre les "joies" de l'école publique!), mais il faut dire que la narration a employé tous les gros sabots possible pour faire passer le message :D

Il n'empêche, le film possède beaucoup de charme, et l'emporte grâce à la fraicheur de ses interprètes

Souci (un peu mineur, certes,mais.): le rôle du père espagnol est joué par un italien (Stefano Accorsi, excellent au demeurant) qui parle français avec un accent espagnol simulé derrière lequel on sent Rome qui s'agite. Gné?


Vu sur le dvd Gaumont (merci Noz 1.95€!) de qualité moyenne. Piste 5.1 pas spécialement remarquée, mais des dialogues assez clairs. Un making of intéressant, ceci dit, et pas calibré marketing - très "usr le vif" avec les acteurs, auteurs, etc. Le film a du couter assez cher vue la construction des décors, ce n'était peut être pas bien utile au final, mais bon, quand on a l'argent, hein.

Aussi sur le DVD en bonus : le court métrage de J. Gavras : "Oh! Les Jolis Dimanches", que je ne connaissais pas et qui laisse bouche bée au final :D C'était osé et très bien vu. Très recommandé (le court).
Oh really? Well then I'm sure you wouldn't mind giving us a detailed account of exactly how you concocted this miracle glue, would you ?
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