Titre US : Every Thing You Always Wanted to Know About Sex * But Were Afraid to Ask
Réalisateur : Woody Allen

Avec "Bananas" en 1971, Woody Allen commence un fructueux partenariat avec United Artists, collaboration qui culminera à la fin des années 70 avec l'Oscar du meilleur film attribué à "Annie Hall" et le succès de "Manhattan". En 1972, Woody Allen n'a encore guère de prétentions et reste un sale gosse de service, qui signe avec "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe (sans jamais oser le demander)" un film à sketchs enquillant sans complexe les situations et gags du plus mauvais goût.
Le premier épisode montre un bouffon sommé par le spectre de son père de trouver un moyen de coucher avec la reine. Une parodie de Shakespeare (Hamlet en particulier) surtout drôle par ses dialogues pseudo élisabéthains pour le moins coquasses.
Suit un épisode nous montrant Gene Wilder, extraordinairement drôle, s'éprendre d'une brebis déjà convoitée par un berger arménien ; un passage zoophile d'un mauvais goût hallucinant et drôle du début à la fin !
La sketch suivant parodie le cinéma d'Antonioni et nous montre Woody Allen dans le rôle d'un séducteur italien, frustré part le peu d'entrain de sa jeune épouse au lit... Pas le moment le plus réussi du film, mais l'interprétation de Woody Allen dans le contre-emploi total d'un macho latin reste très savoureuse !
Suit l'histoire d'un homme d'âge mûr qui s'absente au cours d'un repas en ville pour se travestir avec les vêtements de la maîtresse de maison. Un sketch qui ne fait pas dans la subtilité, délibérément monstrueux, mais à nouveau, l'écriture des dialogues fait très bien passer la pilule...
Vient ensuite un jeu télévisé dédié aux perversions sexuelles de ses candidats, avec un humour fonctionnant totalement sur le décalage entre le ton civil et policé des échanges et les sujets discutés !
Viennent ensuite les deux gros morceaux, deux sketchs parodiant délibérément des classiques du cinéma fantastique.
Le premier met en scène John Carradine en personne, complètement premier degré, dans le rôle d'un savant fou mégalomane se livrant à toutes sortes d'expériences délirantes sur la sexualité (comme de transposer le cerveau d'une lesbienne dans le corps d'un employé des PTT, ou faire violer une jeune femme par quarante boy scouts pour mesurer sa respiration !). Très drôle, poussant loin le délire avec ce sein géant qui s'échappe dans la campagne !
Et enfin, le summum du métrage, dont chaque ligne, chaque image est drôle : l'épisode mettant en scène l'intérieur du corps d'un homme au moment de l'acte sexuel. Dans le centre nerveux s'activent des techniciens en tous genres (dont Burt Reynolds) afin de réussir une érection et une pénétration satisfaisante, tandis que Woody Allen incarne un spermatozoïde sur le point d'être éjecté. Dans la tradition de "Voyage fantastique". Un classique, toujours très drôle !
Bref, je ne vous cacherai pas que j'ai passé un très bon moment en revoyant ce Woody Allen outrancier, repoussant toutes les limites du mauvais goût, tout en restant toujours drôle !

Revu sur le dvd zone 1 US MGM de 2000. Disons-le tout net, ce transfert 1.85 16/9 est franchement pas bon, avec une copie fatiguée, ponctuée de diverses saletés et d'énormes poinçons de fin de bobine. La résolution est mauvaise, l'image est fade, parfois trop sombre, et surtout parcourue par un espèce de gros bruit vidéo/numérique hideux, signe d'une compression et d'un traitement numérique d'un autre âge. Ce n'est pas assez mauvais pour ne pas permettre d'apprécier le film, mais, même pour un disque ayant dix ans d'âge, c'est franchement raté ! Bande son mono anglaise qualité correcte. Avec STF.
Le film n'a jamais eu d'autre édition...