
Je voulais voir ce film depuis la parution d'un article dans feu HK Magazine à la fin des années 90. Autant vous dire que cela faisait un moment que cela trainait dans un coin de ma tête.
Bounce Ko Gals était vendu comme une plongée dans le monde de la prostitution adolescente au Japon, avec un style quasi documentaire. Et c'est bien ce dont il s'agit. Le film, se déroulant sur 24h, aborde plutôt crument ce "phénomène" surtout dans sa première partie (sur 3) dans une présentation globale et crue de la situation. Les hommes sont tous présentés comme des prédateurs en puissance, quelle que soit leur "fantasme" (que ce soit simplement avoir une compagnie ou coucher avec des jeunes filles). Ca parle d'avortement, d'absence parentale... Bref, les adultes ne valent rien.
La seconde partie s'attarde sur le cas de Lisa, qui rentre dans ce monde pour faire un peu plus d'argent avant un départ au USA et sur Jonko, une Ko Gal au grand cœur, déjà expérimentée, à qui on ne la fait plus. Enfin, la 3e partie est une virée nocturne, descente aux enfers [superbement photographiée par Harada et son directeur photo Yoshitaka Sakamoto, déjà à l'oeuvre sur le magnifique Kamikaze Taxi de Harada, mais aussi chef op' attitré d'Obayashi (sur Hausu notamment)] jusqu'à une fin douce-amère.
C'est beau, c'est bien interprété, mais c'est aussi très triste.
Masato Harada, disparu en décembre 2025, aura eu une carrière atypique, démarrant comme critique cinéma correspondant japonais aux USA, puis comme réalisateur éclectique (du film de robot, au film de yakuza, en passant par le quasi-documentaire ou le film historique) mais qui apportera toujours une touche personnelle à ses films.
