L'Amour en Question - André Cayatte (1978)

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Superwonderscope
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L'Amour en Question - André Cayatte (1978)

Message par Superwonderscope »

Lorsque l'architecte Dumas est assassiné devant sa maison, la Juge d'Instruction Corbier (Annie Girardot) est poussée a faire arrêter la femme de Dumas (Bibi Anderson), malgré ses doutes, mais de soupçonner l'amant anglais (John Steiner). Mais la machine judiciaire s'emballe, des deux cotes de la Manche.

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Dernière collaboration entre Cayatte et Girardot, qui s'étaient quittés fâchés a la fin d'A Chacun son Enfer, Girardot honorant son engagement initial.

Cayatte reprend ses themes chers tournant autour du mauvais fonctionnement de la justice et des rapports troubles entretenus avec le système judiciaire. le tout via le parcours de deux femmes qui se retrouvent prises au piège d'un système - pour des raisons complement différentes.

On est en fin de cycle et Cayatte livre une oeuvre parmi ses plus tièdes, hélas, emprunte d'une certaine mélancolie. Annie Gorardot semble en retrait, meme si combattive, dans un personnage fatigué.

Cayatte surfe sur le banal apparent de l'histoire de triangle amoureux et sur lq questionne l'amour meme qui motive (ou pas) le crime passionnel, Mais egalement le rapport complexe a l'autre de manière générale. beaucoup de désillusions sur ce theme, mais surtout impeccable face a la logique d'une justice qui veut sa part claire. Cayatte explore (encore un fois) cette zone grise des certitudes de certains face au doute.

La confrontation Girardot/Anderson est curieuse et on sent rapidement que la juge se trouve tiraillée entre les indices, les preuves - et ce qui se passe réellement. L'intrigue policière passe quelque peu au second plan, malgré les rebondissements et c'est surtout Annie Girardot qui tire le film vers le haut. Michel Galabru dans un rare role dramatique, n'est pas trop mal dirigé, ce qui ne s'avère pas vraiment le cas pour le reste. J'aime beaucoup toutefois l'ambiguïté de John Steiner qui joue a merveille cette dualité possible d'assassin/amant, innocente par le système britannique, mais coupable aux yeux de la France.

Reste que le film manque de linéarité, qu'on pouvait retrouver dans Il n'y a pas de fumée sans feu, ou de la hargne d'A Chacun Son Enfer (que j'aime énormément). Ici, c'est plus désabusé, disloqué comme structure, assez banalement mis en images, dote d'une musique épouvantable et décalée du sujet et en prime avec du racisme a la petite semaine - bon, le film est produit par Sergio Gobbi, ca n'aide pas -. J'ai beau aime le tandem, mais là, le coeur n'y est vraisemblablement plus. L'actrice s'en était explique d'ailleurs dans ses mémoires sur leur rupture professionnelle, suite a la fin d'A Chacun son Enfer qu'elle détesta tourner.

Annie Girardot n'y croyait plus et les spectateurs aussi, puisque le film fut un des premiers semi-échecs de l'actrice et de son réalisateur dont la carrière cinema s'arrêta après.

387 616 entrees a sa sortie (soit, quand meme, plus que le Convoi, Damien La Malediction 2 ou Les Nuits Perverses de Nuda - dont tout le monde se souvient :mrgreen: )



Dispo en DVD Gaumont de pietre qualité. (mon cote complotiste fera que si un jour un Blu ray débarque, il sera mien)
Oh really? Well then I'm sure you wouldn't mind giving us a detailed account of exactly how you concocted this miracle glue, would you ?
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