
Deuxième réalisation de Keita Amemiya pour la saga Kamen Rider, dans une direction un peu différente : le film est d'emblée plus explicatif et cherche à retrouver la fibre écologiste de la création de Ishinomori. Il assume également des choix plus psychopétés qui peuvent nuire à la noirceur du récit (le couple de Terra-Humains et la sauterelle qui cause et encourage le héros !).
Dommage car la direction artistique de Mother Fog est plutôt chouette, avec son trio de sbires impavides dignes d'une secte sacrificielle (et justement, y'a une gamine prévue pour ça). La réussite du design des monstres est plus diverse (Zu s'en tire bien en bestiole volante, ce qui donne lieu à de belles séquences aériennes, et le vaisseau de Mother Fog a vraiment de la gueule), et pour le coup, j'ai préféré le costume du Rider J à celui de ZO.
Le rythme du film est moins entrainant, avec peu de lieux et d'enjeux. Mais il se réveille clairement dans son dernier tiers, entre Garai qui sort un sabre laser (!), la jeune fille quasi dévorée par une horde grouillante et gluante de mini-merdouilles (au rendu vraiment horrifique) et le Rider qui se fait digérer par l'estomac de Mother Fog. Le grand final s'avère culminant de folie, dans une mutation Sentai/Ultraman sans dialogue qui donne lieu à un affrontement homérique très réussi.
Le commentaire audio par Fabien Mauro et Paul Gaussem fourmille d'informations précises pour les plus pointus amateurs de tokusatsu. On y apprend ainsi que le budget de cet épisode est bien plus faible que le précédent, ce qui explique une envergure plus en retrait malgré une production value très honorable. Les liens sont également faits avec les diverses influences cameroniennes et hongkongaises du film (Amemiya aurait bossé avec Lam Nai-choi, un homme à la carrière sûre !).
Le BR de Roboto Films comprend également un court métrage au rendu malheureusement très télévisuel, intitulé Kamen Rider World, mettant en scène ZO et J défonçant quelques streums ressuscités et un Shadow Moon géant.