Budget maousse (une trentaine de millions €), durée conséquente (3h15), casting avec une vedette (Dujardin) mais pas mal d'inconnus. Et bien j'ai plutôt été conquis ! Le film est ambitieux, soigné, appliqué. Les 3h15 passent très bien, il n'y a pas un rythme trépidant, mais un portrait qui se dessine sur la durée, avec une succession de petits évènements, qui vont finir par construire la mosaïque d'un homme (et de sa fille), collabo, mais pas un démon pour autant. D'abord pacifiste forcené, plutôt de gauche, qui va dans un premier temps se laisser séduire par pacifisme et amitié, puis qui va petit à petit se laisser déborder, par facilité, lâcheté, sans commettre forcément lui-même d'actes indéfendables, mais par une somme de petits renoncements, de compromissions, de moments où on ferme les yeux, pour assurer un train de vie, par égoïsme plus que par conviction politique, dans une fuite en avant désespérée, coupable bien sur, mais un vrai personnage de l'époque, avec ses zones d'ombre et ses contradictions. Au final, un film qui évite habilement le manichéisme et arrive à remettre bp de contexte dans les actes de cet homme et plus globalement une époque parfois un peu caricaturée. Il y a quelques facilités et le portrait semblera sans doute un peu "complaisant" pour certains, mais j'y ai vu une œuvre brillante, profonde, inscrite dans une volonté d'amener de la profondeur et un anti manichéisme qui se font de plus en plus rares à notre époque, le tout avec un personnage ambigu, guère aimable, complexe, mais profondément humain, dans le bon comme le mauvais sens du terme. Une réussite !
Les rayons et les ombres - Xavier Giannoli - 2026
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Les rayons et les ombres - Xavier Giannoli - 2026
Intrigant film que le dernier Giannoli. Après le succès public et critique de son très réussi "Illusions perdues", on retrouve le réal dans un film ambitieux sur une page de l'histoire de France souvent tue, la collaboration.
Budget maousse (une trentaine de millions €), durée conséquente (3h15), casting avec une vedette (Dujardin) mais pas mal d'inconnus. Et bien j'ai plutôt été conquis ! Le film est ambitieux, soigné, appliqué. Les 3h15 passent très bien, il n'y a pas un rythme trépidant, mais un portrait qui se dessine sur la durée, avec une succession de petits évènements, qui vont finir par construire la mosaïque d'un homme (et de sa fille), collabo, mais pas un démon pour autant. D'abord pacifiste forcené, plutôt de gauche, qui va dans un premier temps se laisser séduire par pacifisme et amitié, puis qui va petit à petit se laisser déborder, par facilité, lâcheté, sans commettre forcément lui-même d'actes indéfendables, mais par une somme de petits renoncements, de compromissions, de moments où on ferme les yeux, pour assurer un train de vie, par égoïsme plus que par conviction politique, dans une fuite en avant désespérée, coupable bien sur, mais un vrai personnage de l'époque, avec ses zones d'ombre et ses contradictions. Au final, un film qui évite habilement le manichéisme et arrive à remettre bp de contexte dans les actes de cet homme et plus globalement une époque parfois un peu caricaturée. Il y a quelques facilités et le portrait semblera sans doute un peu "complaisant" pour certains, mais j'y ai vu une œuvre brillante, profonde, inscrite dans une volonté d'amener de la profondeur et un anti manichéisme qui se font de plus en plus rares à notre époque, le tout avec un personnage ambigu, guère aimable, complexe, mais profondément humain, dans le bon comme le mauvais sens du terme. Une réussite !

Budget maousse (une trentaine de millions €), durée conséquente (3h15), casting avec une vedette (Dujardin) mais pas mal d'inconnus. Et bien j'ai plutôt été conquis ! Le film est ambitieux, soigné, appliqué. Les 3h15 passent très bien, il n'y a pas un rythme trépidant, mais un portrait qui se dessine sur la durée, avec une succession de petits évènements, qui vont finir par construire la mosaïque d'un homme (et de sa fille), collabo, mais pas un démon pour autant. D'abord pacifiste forcené, plutôt de gauche, qui va dans un premier temps se laisser séduire par pacifisme et amitié, puis qui va petit à petit se laisser déborder, par facilité, lâcheté, sans commettre forcément lui-même d'actes indéfendables, mais par une somme de petits renoncements, de compromissions, de moments où on ferme les yeux, pour assurer un train de vie, par égoïsme plus que par conviction politique, dans une fuite en avant désespérée, coupable bien sur, mais un vrai personnage de l'époque, avec ses zones d'ombre et ses contradictions. Au final, un film qui évite habilement le manichéisme et arrive à remettre bp de contexte dans les actes de cet homme et plus globalement une époque parfois un peu caricaturée. Il y a quelques facilités et le portrait semblera sans doute un peu "complaisant" pour certains, mais j'y ai vu une œuvre brillante, profonde, inscrite dans une volonté d'amener de la profondeur et un anti manichéisme qui se font de plus en plus rares à notre époque, le tout avec un personnage ambigu, guère aimable, complexe, mais profondément humain, dans le bon comme le mauvais sens du terme. Une réussite !
"J'ai essayé de me suicider en sautant du haut de mon égo. J'ai pas encore atteri... "
Re: Les rayons et les ombres - Xavier Giannoli - 2026
Bien aimé également. Il faut effectivement saluer l’ambition du film, atypique dans la morne production française, entre films d’auteur redondants et avalanche de comédies.
Sur la forme j’ai quand même trouvé quelques longueurs, et un pathos un peu trop appuyé à mon goût sur la fin.
Mais c’est ambitieux oui, sur un sujet compliqué, donc courageux aussi, notamment au niveau du traitement des personnages, qui évite le manichéisme. C’est sur ce point que le film est étonnant (et donc intéressant), avec une approche ambiguë de tous les personnages, Français comme allemands.
Je trouve un peu dommage le choix de narration en mode long flashback, surtout de quasi ouvrir le film par
On assiste à une dérive plus ou moins discutable d’idéalistes, selon ce qui nous est présenté à l’écran. Je trouve excellente la scène (historiquement fidèle j’imagine) qui remet les pendules à l’heure
J’espère que le film fonctionne en salle, car il le mérite.
Sur la forme j’ai quand même trouvé quelques longueurs, et un pathos un peu trop appuyé à mon goût sur la fin.
Mais c’est ambitieux oui, sur un sujet compliqué, donc courageux aussi, notamment au niveau du traitement des personnages, qui évite le manichéisme. C’est sur ce point que le film est étonnant (et donc intéressant), avec une approche ambiguë de tous les personnages, Français comme allemands.
Je trouve un peu dommage le choix de narration en mode long flashback, surtout de quasi ouvrir le film par
Spoiler : :
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