
Inspiré en partie par l'affaire de Kay Mary Letourneau : une professeure qui a eu une relation avec une mineur, puis deux enfants successifs en prison avant de l'epouser a sa majorite.
Sur le fond, le sujet est tout autre. Il s'agit plutôt du regard porte par le cinema sur le reel dont il pretend s'inspirer. Et, ici, l'impact de faire ressurgir des blessures de 2o ans a plein pansées. Il y a bien cette exploration d'une relation entre deux personnes avec un écart important. (d'ou le titre May December), le regard des autres, la pression sociale, Mais c'est plus le regard que va porter non seulement l'actrice qui étudie -visiblement avec un autre motif en tete - et in fine, la camera - vu le tout dernier plan sequence, ou la camera de Haynes se substitue a celle du réalisateur du biopic.
Un effet gigogne tres intelligemment mené et qui finit par être un peu dérangeant. Tant Haynes fait sentir le décalage entre le ressenti de Julianne Moore, a priori apaisée, et celui de Natalie Portman, a priori bienveillante, mais vorace de "réalité" qui a manipuler, elle aussi, la totalité de la famille.
Observations tres fine de la psyché feminine des deux protagonistes, des failles de chacune - et d'une approche tres peu orthodoxe de récits inspires de la réalité. Doublee egalement d'une satire de la vie de banlieue aisée, dans une communauté qui s'est scellée pour avoir la paix autour du scandale. Mais c'est surtout la recherche de la performance chez l'actrice qui y est pointée, l'effet a tout prix?
Comme d'habitude chez Haynes, la photographie est millimétrée - les scenes intérieures sont éclairées dans une lumière posée, parfois sous-exposée, révélant des visages dans la pénombre, avec des angles de prise de vue qui amènent plus a réfléchir sur leur sens reel par rapport au personnage que par l'effet qu'il induit.
Le choix de la musique est aussi étonnant : Haynes reprend la composition de Michel Legrand pour Le Messager a des moments clés. Et demandant a Marcelo Zarvos s'induire d'autres morceaux, tout conférant a une belle unite.
Un grand film, avec un vrai cineaste aux manettes, dotant son film d'une complexité rare.
