Initialement intitulé La victime, le titre français ne reflète en rien le sujet du film dont le titre est Macchie solari (tâches solaires) beaucoup plus explicite. L'histoire s'inspire en effet d'une rumeur qui accuserait les tâches et radiations solaires d'une vague de suicides inexpliqués.
Armando Crispino essaie de suivre les traces de ses maîtres Bava et Argento en tête dans sa trame et son coté visuel sans y parvenir réellement.
En bon élève, il signe un film morbide et beau à la fois, la complexité des agissements et du caractère des protagonistes parachevant la finalité de l'oeuvre.
L'ouverture du film donne le ton. Une série de plans sur l'astre solaire suivi d'une vague de suicides avant de rencontrer Simona à la morgue où elle travaille. Occasion rêvée pour Crispino d'installer l'atmosphère macabre du film.
La caméra s'attarde sur les cadavres décomposés, étalage de chair morte, plans de viscères auxquelles succédent des photos réelles de visages et autres corps putrides.
Sur ces visions souvent complaisantes viennent se greffer les propres hallucinations de Simona qui voit ces cadavres prendre vie, corps obèses de vieillards ricanants avancer vers elle.
En quelques scènes, le réalisateur arrive à entraîner le spectateur dans son univers malsain aux confins de la folie et de la névrose à l'instar de Simona.
Cette folie sera présente tout au long du film, faisant de Simona un des élèments les plus intéressants du film et des plus complexes également. Est elle coupable de ces meurtres, poussée par une folie schyzophrène ou simple victime d'une horrible machination, voire les deux?
En quoi Simona pourrait elle détenir la clé de cet effroyable secret?
Fragile et dépressive mais aussi étrangement fascinée par la mort, rien ne lui facilite la vie encore moins sa frigidité qui détruit sa relation avec son amant.
Ce problème complique aussi son attirance pour Paul, un prêtre, homme tourmenté par un lourd passé qu'il essaie de cacher. Sa condition d'homme d'église leur interdit toute relation sexuelle, refrénant ainsi leur fascination mutuelle.
Crispino joue avec les relations qu'il noue entre ses différents protagonistes- protagonistes qu'il depeint avec grd soin tant sur le plan physique que psychologique- et son film n'en devient alors que plus intelligent.
Crispino joue sur les ambiances oscillant sans cesse entre horreur, fantastique et onirisme, un onirisme macabre, froid.. entre folie et réalité jusqu'au dénouement bien rationnel.
Si le film souffre d'un certain manque de rythme, Crispino qui recidivera avec L'etrusco uccide ancora/Overtime s'en tire somme toute haut la main, signant là un grd film morbide à souhait ponctué de la tres belle BO de Morricone et Ortalani.
L'androgyne Mimsy Farmer interprête Simona, Mimsy s'étant specialisée tt au long de sa carrière ds ces rôles d'heroine nevrosée, actrice idéale avec ce visage de petite fille effarouchée pour ce genre de personnage.
Un plaisir également de retrouver le tjs aussi divin mais malheureusemnt ici barbu Ray Lovelock aux cotés de Mimsy. Bon certains aiment les poils....



Méconnu ou injustement oublié, Frissons d'horreur, mérite aujourd'hui d'être réhabilité à sa juste valeur et de retrouver sa place parmi les meilleurs gialli de la grande époque.
Le corbeau pas névrosé qui adore hanter les morgues
