Quatre jeunes gens acceptent de passer plusieurs jours dans une maison hantée afin de servir de cobayes à des expériences du Dr. Narrow, un spécialiste des faits paranormaux...

Rappelez-vous les années 90, c'était les années Speed, les années Twister, les années Jan de Bont ! Jan de Bont à qui l'on eut la très étrange idée de proposer un remake du chef-d'oeuvre de Robert Wise "La maison du Diable". Produit par Dreamworks, ce film onéreux reçut un très mauvais accueil critique et s'avéra à peine rentable. Au rang des qualités, on pouvait relever un décor splendide, époustouflant, "Hantise" proposant une des plus belles maisons hantées jamais vues au cinéma. Au rang des défauts : tout le reste ! Acteurs perdus, personnages superficiels, trucages de mauvais goût... Tout converge pour provoquer l'ennui !
Il repasse dimanche 27 novembre à 22h35 sur TF1 pour les curieux.

Ce film a tout de même ces défenseurs, parmi lesquels un certain Christophe Lemonnier, dont je vous laisse lire la prose dans le test du DVD zone 2 !

http://www.devildead.com/indexfilm.php3 ... &FilmID=84
Le texte que j'avais fait sur ce film pour tentacules.net :
"Un chercheur s'enferme avec trois insomniaques dans une inquiétante maison pour faire des expériences sur la peur...
Le hollandais Jan de Bont a commencé à travailler comme directeur de la photographie dans son pays (La chair et le sang (1985) de Paul Verhoeven par exemple). Puis il est parti aux USA où il travailla notamment pour John Mac Tiernan (avec Piège de cristal (1988) ou A la poursuite d'Octobre Rouge (1990)...). Enfin il se mit à réaliser des films dans la lignée de ce réalisateur américain, avec les très bruyants Speed (1994), Speed 2 (1997) et Twister (1996). Puis Dreamworks, le studio de Steven Spielberg, lui proposa de réaliser Hantise, un remake d'un chef-d'oeuvre de l'épouvante: La maison du diable (1963) de Robert Wise. Faire réaliser un remake d'un film aussi sombre et fin par un réalisateur aussi commercial et peu subtil que De Bont sembla une idée bien curieuse. Le film fût très mal accueilli. On y reconnaît des vedettes comme Catherine Zeta-Jones et Liam Neeson (La menace fantôme (1999), La liste de Schindler (1993)...).
On remarque d'abord que les décors sont absolument magnifiques. On se promène dans les salles immenses d'une improbable demeure néo-gothique revue par les délires mégalomane d'un nabab hollywoodien. De Bont dit s'être inspiré des décors de la fin de Citizen Kane (1941) d'Orson Welles pour concevoir ces pièces démesurées. On retrouve aussi des motifs des maisons de Suspiria (1977) de Dario Argento, de La belle et le bête (1946) de Jean Cocteau et évidemment de La maison du diable. Lorsque la caméra se contente d'errer lentement à travers les détails de cette architecture délirante, le film parvient à créer une ambiance vraiment réussie et étonnante. La musique subtile et majestueuse de Jerry Goldsmith convient à merveille.
Malheureusement, Hantise cherche parfois à refaire les grands moments de La maison du diable, et se plante à chaque fois (la séquence de l'escalier en fer devient un ennuyeux et bruyant spectacle de cascadeur...). Les personnages ne sont pas très intéressants, et l'interprétation est très inégale. On remarque aussi l'utilisation abondante d'effets spéciaux numériques pour les fantômes. Hélas cela ne fonctionne pas très bien. Ces images sont artificielles, laides et ne font pas peur du tout. Pourtant, la vision très graphique du fantôme du maître de la maison est assez surprenante: il rappelle les créatures monstrueuse qu'on aperçoit dans certains films de Walt Disney (les sorcières de Blanche-Neige (1937) ou La belle au bois dormant (1959), le diable de Fantasia (1940)...). Toutefois, la narration fastidieuse et l'inefficacité de nombreuses scènes "chocs" empêchent le spectateur d'apprécier cette histoire. Le final mièvre et grandiloquent semble indiquer que ce film est avant tout destiné à un très jeune public.
Hantise vaut tout de même le coup d'œil pour ses décors extraordinaires. Dommage que l'histoire soit si fastidieuse et que la seconde moitié du film se perde dans des scènes ratées et très peu effrayantes."