Enfin revu et redecouvert... Merci Kero!!
Ma petite critic:
Craven revient donc à l'horreur traditionnelle et beaucoup plus sage avec ce film qui sans être entièrement réussi n'en demeure pas moins une oeuvre attachante qui atteint son objectif premier: faire peur.
Il y dépeint l'univers d'une communauté Hitite vivant en autarcie en pleine campagne dans un climat étouffant sous le poids de la religion et de l'austérité.
Le réalisateur fait cette fois naitre l'angoisse à partir d'un décor trés simple, une grange et une ferme qui se dressent au milieu de ces champs sillonés par les carioles de cette secte refusant tout modernisme.
Tout est simple dans The deadly blessing et de cette simplicité nait la peur, omni-présente, surnoise, rodeuse.
Sur un simple canevas, Craven multiplie les séquences de terreur et de suspens, simples mais efficace car totalement maitrisées et parfaitement mises en scéne. Manifestations surnaturelles ou oeuvre d'une main criminelle, La ferme de la terreur joue principalement là dessus.
On retiendra entre autres la scéne de la grange où la jeune fille se retrouve enfermée aux prises avec un agresseur invisible et surtout et avant tout les désormais classiques séquences du serpent phallique dans la baignoire et l'araignée tombant au fond de la gorge de sa victime.
Pas d'effets spéciaux sanguinolents, pas de violence gratuite, Craven a juste recours à des effets de terreur pure, classiques mais diablement efficaces. Cette atmosphère pesante est renforcée par la présence de cette communauté Amish baignant dans les traditions et la religion, obéissant à son redoutable patriarche, prêcheur du Mal.
La ferme de la terreur bénéficie également d'une photographie sublime rendant parfois quasi irréelle cette campagne rougeoyante et on saluera aussi l'excellente interprétation de Maren Jensen et Ernest Borgnine, inquiètant chef Hitite.
A leurs cotés, on retrouvera avec plaisir Michael Berryman dont le visage sied à merveille à cette histoire de démon, une Sharon Stone débutante et encore belle et humaine, pas encore une boule de plastique ridicule ainsi que Lisa Hartman qui dés l'année suivante trouvera la gloire par le biais de la télévision dans la série Côte ouest.
On regrettera simplement les trop nombreux et peu crédibles rebondissements finaux qui nuisent à l'ensemble et sombrent quelque peu dans le grotesque, plus de simplicité aurait été ici bienvenue.
Wes Craven aurait dû s'en tenir à sa créature hermaphrodite, idée audacieuse mais un peu gachée par l'avalanche de coups de théatre et l'apparition du monstre final.
Quoiqu'il en soit, The deadly blessing fait sans nul doute partie des meilleurs films de son auteur et mérite d'être (re)-découvert tant le plaisir est toujours présent